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LKP : A Propos des quotas dans le foot français

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Mots-clés : #Racisme
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A Propos des quotas dans le foot français

Certains font semblant de découvrir qu’il existe des quotas de nègres et d’arabes dans le football français. Cela pourrait choquer car c’est, avec la musique, l’un des seuls espaces réservés aux nègres (bastion) dans le système colonial français. L’Afrique du sud est passée par là. La France black, blanc, beurs ne gagne plus et c’est le plus naturellement du monde que certains proposent désormais une équipe plus blanche. Rappelons-nous la belle victoire du français Noah à Roland Garros et les déconvenues du franco-camerounais. Alors, Indignons-nous mais ces propos ne sont pas nouveaux (Le pen, Frêche, Finkielkraut, …) ont largement diffusé, entretenu et développés ces idéaux).

Mais écartons-nous du football et regardons de plus près la société Guadeloupéenne, département français d’Amérique, peuplé majoritairement de « français » d’origine Africaine et Indienne.

Sans parler de quotas, recherchons les nègres qui occupent des postes clefs, d’encadrement, des postes à responsabilités dans les grandes entreprises privées et autres entreprises et administrations publiques en Guadeloupe. Stupéfaction (faisons semblant d’être surpris) car on se croirait à Johannesburg en plein apartheid.

Alors indignons-nous de cet apartheid et de ce racisme érigé en loi naturelle. Indignons-nous et luttons pour le respect, la dignité et l’arrêt du racisme d’état visant à laisser croire que les nègres seraient des sous hommes et seulement bon pour le sport et la musique. Cette situation reflète en tout point la pensée coloniale qui est, par nature raciste. Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas déclaré à Dakar le 26 juillet 2007 que : « L’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire ?  » Tout comme sur la plantation, la société Guadeloupéenne demeure aujourd’hui encore organisée sur la base d’intérêts de classe où la discrimination du fait de la couleur perdure.

Cette phrase de Nicolas Sarkozy n’est donc en rien un dérapage mais la manifestation d’un état d’esprit bien ancré au plus profond des rouages de l’état français et du grand patronat aussi bien en Martinique qu’en Guadeloupe.

Rappelons-nous que le 02 février 2011, Mme Penchard lançait son année des outre mers dont l’objectif principal est de « changer la vision des Français » sur les domiens, les ultramarins, les ultrapériphériques, en un mot, les colonies et singulièrement ceux qui y vivent.

Cela veut donc dire que les Français ont une vision des Guadeloupéens. Mais quelle est-elle ? Pour changer de vision, ne faut-il pas déterminer ce qu’il y aurait à changer ? Ne faudrait-il pas que Mme Penchard nous dise comment ses collègues ministres la voient ? La réponse, nous l’avons et c’est Nicolas Sarkozy qui nous la donne à l’occasion des vœux aux outre mers : « Je voudrais vraiment qu’à la fin de cette action et de mon quinquennat, les Français portent un autre regard sur l’Outre-mer, qu’ils vous voient comme des gens fiers, compétents, parfaitement inscrits dans le monde d’aujourd’hui, ayant parfaitement digéré leur histoire, n’ayant ni amertume, ni revanche, simplement de l’espérance pour eux et pour leurs enfants ».

Les Guadeloupéens n’auraient aucune fierté, aucune dignité, aucune conscience ; ils seraient incompétents, fainéants, arriérés, primitifs, …. et qu’on lui f…e la paix avec l’esclavage nous invitant gentiment à «  digérer notre histoire ». Et nous savons tous ce qui suit la digestion. Aurait-il osé tenir de tels propos à Maillé où en août 1944, l’armée Allemande massacra une centaine de villageois ? Aurait-il eu le courage et l’insouciance de dire cela à Oradour sur Glane où un village entier a brûlé et les villageois exécutés par les Allemands en juin 1944 ? Et bien non, tout comme le 14 juillet, le 8 mai, le 11 novembre, il y a des dates, des évènements qui rassemblent le peuple et forgent une nation. Sauf que cela n’est pas fait pour nous, il faut digérer notre histoire. Nous avons tous été témoin des sifflets et hués dont il a fait l’objet en Alsace pour un lapsus rappelant la sauvagerie allemande durant la guerre.

L’année des outre mers nous renvoie aux expositions coloniales dont le but était d’étaler, d’exhiber la grandeur et l’immensité de l’empire colonial français mais surtout de montrer au monde et tout particulièrement aux Français « cette mission civilisatrice » qu’un pouvoir quasi divin aurait donné à la France afin d’éduquer les sauvages, cultiver les indigènes, en faire des hommes suivant les principes et valeurs républicaines, catholiques, apostoliques et romaines dixit le code noir. Mais, dans les faits, l’image savamment véhiculée par l’état colonial et ses fidèles alliés racistes nous assimile à une bande de sauvages vivant aux raccrocs de la république et heureusement qu’il y a eu l’esclavage sinon nous serions entrain de mourir de faim quelque part en Afrique ; traduction quelque peu vulgarisée du discours de Nicolas Sarkozy !

Cette histoire de la France coloniale, l’histoire de France, n’est pas enseignée. La quasi-totalité des Français ne savent rien de la barbarie du code noir qui définissait le statut de l’esclave. Ils ne savent pas que Napoléon était un négrier qui a rétabli l’esclavage en Guadeloupe en 1802 (après une guerre qui fit plus de 10000 victimes guadeloupéennes) ou que Pierre Messmer au nom de l’état français organisa l’élimination de plus de 300000 nègres au Cameroun. Ils n’ont jamais entendu parler du code de l’indigénat qui déterminait plusieurs catégories de Français (français français et français moins français du fait même de la couleur de peau) ; Ils ne savent rien des massacres de Sétif (45000 morts) ou de Madagascar (89000 morts) ni ceux plus récents des 26, 27 et 28 mai 1967 en Guadeloupe où les militaires français ont tué plus de 100 travailleurs Guadeloupéens lors d’une grève des ouvriers du bâtiment. Rien non plus de l’empoisonnement « légal » du Peuple Guadeloupéen à la chlordécone alors que dans le même temps, tout est mis en œuvre pour indemniser les victimes du Médiator et sanctionner les coupables.

Pour mieux comprendre, rappelons-nous certains propos du candidat Sarkozy : Caen, Montpellier, … mars - mai 2007 : «  Alors, c’est vrai, il y a dans notre histoire des erreurs, des fautes, des crimes, comme dans toutes les histoires de tous les pays. Mais nous n’avons pas à rougir de l’histoire de France. La France n’a pas commis de génocide, elle n’a pas inventé la solution finale. Elle est le pays qui a le plus fait pour la liberté du monde. Elle est le pays qui a le plus fait rayonner les valeurs de liberté, de tolérance, d’humanisme. Nous pouvons être fiers de notre pays, de ce qu’il a apporté à la civilisation universelle, à l’idée d’humanité. Nous pouvons être fiers d’être les enfants d’un pays de liberté et de démocratie. Nous pouvons être fiers d’être les enfants de la patrie des Droits de l’Homme.  »

Toulon 7 février 2007 : « A tous ceux d’entre vous qui sont revenus des colonies en ayant tout abandonné, n’emportant avec eux que leurs souvenirs de jeunesse et cette nostalgie qui ne les quittera plus jamais, je veux dire que si la France a une dette morale, c’est d’abord envers eux. Aux enfants des harkis qui ont servi la France, qui ont dû fuir leur pays et que la France a si mal accueillis, je veux dire que si la France doit des excuses et des réparations, c’est à eux qu’elle les doit. A tous les anciens combattants de nos anciennes colonies, je veux dire la reconnaissance de la France et je veux rendre hommage à Jacques Chirac de leur avoir rendu justice.

Paris 6 mai 2OO7 : « Je veux remettre à l’honneur la nation et l’identité nationale. Je veux rendre aux Français la fierté d’être Français. Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres. »

La colonisation, la traite négrière, l’esclavage et tous leurs corollaires (pillage, vol, viol, massacre, épuration ethnique, génocide, aliénation culturelle, domination économique, répression et éradication de toute contestation, racisme, soumission de la classe politique locale, …) ont assuré et assurent encore aujourd’hui à la France ses richesses, sa puissance et son autorité.

2011, année des outre mer traduit la vision colonialiste de la France vis-à-vis des pays en sa possession. Nous sommes dans le droit fil de la loi du 23 février 2005 reconnaissant les bienfaits de la colonisation, de la domination et de l’asservissement des peuples[. Jules Ferry, le père de l’école publique, laïque et obligatoire n’a-t-il pas déclaré devant les députés le 28 juillet 1885 : « les races supérieures ont un droit sur les races inférieures » . Rappelons-nous de cette citation du général Charles de Gaulle, père de la nation, du 05 mars 1959 : «  C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne. »

Alors, indignons-nous mais indignons-nous en attaquant directement la source du mal : la domination coloniale dont nous sommes victimes et le racisme institutionnalisé qui en est un principe fondamental.

LKP - Lapwent – 05 Mé 2011

Publié par le LKP le mercredi 4 mai 2011
Mis à jour le mardi 31 mai 2011

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