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USTKE : C’est une question de dignité pour le peuple originel de ce pays

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Réuni en conférence de presse le 12 juillet à la place du Mwaaka, le comité organisateur de la manifestation du 14 juillet avait appelé toute la mouvance indépendantiste à marcher dans les rues de Nouméa. Extraits de la porte-parole, Nicole Waïa, membre de l’U. C.

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Objectif. « C’est une manifestation pacifique, nous appelons les calédoniens de toute origine à venir s’associer avec nous dans cette manifestation car c’est une question de dignité pour le peuple originel de ce pays. Nous sommes là aujourd’hui, nous serons là demain et après-demain.

Ceux qui sont arrivés et qui arrivent à se faire une place au soleil par des propos outranciers ou mensongers (…). Cela demain, quand il n’y aura plus de nickel, ils vont prendre leur valise et vont aller vers d’autres cieux. On s’adresse spécifiquement à ceux qui croient aux paroles des personnes qui divulguent des mensonges. Ça fait des années, des décennies que le peuple kanak tend la main. Le problème, c’est qu’on tend la main.. Un jour ou l’autre, la main se sclérose. On ne pourra plus la retenir . »

Intelligence. C’est surtout pour faire preuve d’intelligence. Nous demandons donc aux calédoniens de venir s’associer à cette marche. Il y a des responsables qui ont expliqué la démarche de cette manifestation sur l’antenne de RRB.

Précision. « Beaucoup de nos militants s’interrogent sur le fait qu’on organise cette manifestation le 14 juillet. On a choisi cette date car il y a la symbolique du 14 juillet. Beaucoup de nos vieux sont morts pour la France. Ils ont été cherchés les vieux dans les tribus pour aller défendre la France, notamment pendant la guerre de 14-18. »

Honneur. « C’est aussi pour rendre honneur à ces personnes. Aujourd’hui, le 14 juillet représente un défilé militaire. On montre donc la force militaire de la France. Derrière cela, c’est le peuple français qui a révolutionné les choses. C’est le peuple français qui a coupé la tête au roi. Nous n’avons pas l’intention de couper la tête de qui que ce soit !

Nous sommes là car on nous a bafoué notre dignité pendant la campagne électorale (NDLR). Et dire aussi aux calédoniens que l’on veut être ensemble pour construire ce pays. On ne pourra pas le faire sans les autres ethnies. On est conscient que le pays s’est développé aussi grâce à l’apport des autres communautés. On souhaite que ces personnes viennent nous rejoindre.. »

NDLR : les dernières campagnes législatives de 2012.

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Après deux heures de marche depuis la VDT, le cortège composé pour la plupart des groupes de pressions indépendantistes s’est dirigé vers la place du Mwaaka où s’est effectué un dépôt de gerbe. Nous vous proposons un large extrait de la déclaration du Parti Travailliste après la mobilisation indépendantiste nationaliste et progressiste dans les rues de Nouméa.

" Nous avons bien marché aujourd’hui (...). Nous avons également longtemps marché, durant 159 ans, depuis Balade en 1853 jusqu’au Mwaaka, aujourd’hui 14 juillet 2012 : nos ancêtres nous ont accompagnés depuis hier jusqu’à maintenant, à travers nos luttes, nos souffrances et nos pleurs... Mais nous sommes toujours là, debout, fiers de notre identité, de notre dignité et de notre légitimité !

Aujourd’hui, Kanaky est en train de naître !

Jeunesse de Kanaky, tu venais tout juste de voir le jour lorsque le Vieux Jean-Marie Tjibaou a prononcé ces paroles à la tribu de La Conception, le 1er décembre 1984 ! C’était hier, il y a 28 ans.

Au moment où nous sommes ici au Mwaaka, j’ignore ce que tu fais en ce moment précis : tu dois être à la tribu, dans le quartier, en ville, à la pêche, au champs, dans un mariage coutumier, à Vavouto, au Canada, en France, en Nouvelle-Zélande, à la fête du Lycée Do-Kamo sur le terrain sportif de la SLN, au restaurant, dans une grosse entreprise, au travail, au chômage, en pleine oisiveté, nulle part, ou en pleine réflexion sur je-ne-sais quel projet de vie ..."

" Mais sache qu’aujourd’hui, Kanaky est en train de se lever ; sa naissance avait déjà été annoncée par le vieux papa Jean- Marie, il y a 28 ans ; et au cours de cette occasion solennelle et historique, il a été élevé vers le ciel le symbole de l’espoir de tout un peuple, le Peuple Kanak, le nôtre, peuple autochtone authentique, et seul peuple colonisé du pays ! Ce symbole s’est exprimé à travers ces couleurs qui fixent définitivement notre identité nationaliste : le vert, symbole de Kanaky, le vert du pays kanak ; le rouge, symbole de la lutte du peuple kanak, symbole de l’unité indépendantiste, et qui doit désormais porter l’unité d’un seul peuple souverain ; le bleu de la souveraineté de Kanaky, et 2014 c’est déjà aujourd’hui ! Le jaune rayonnant comme le soleil qui éclaire la naissance de Kanaky, et auj ourd’hui, 14 juillet 2012, le soleil est au Rendez-Vous avec l’histoire du Peuple kanak !

Ce jour symbolise la Révolution Française : c’est la victoire du peuple opprimé de France sur la royauté qui a, durant des siècles, totalement nié, et écrasé la dignité humaine : c’était il y a 223 ans, en 1789 !... Le Peuple de France a également payé un lourd tribut face à l’invasion et l’oppression ennemies, lors des 2 guerres mondiales (39-45 et 14-18), et beaucoup de nos familles, nos clans, nos chefferies, nos tribus, nos villages, nos exploitations agro-pastorales de la Brousse... ont offert leurs jeunes de 18-20 ans en don au Peuple de France dans ces moments sombres de son histoire. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux reposent encore quelque part sur le sol français depuis maintenant 94 ans, dans le silence, la solitude et l’anonymat... Ce jour représente un moment fort pour notre peuple souverain en construction, autour du Peuple Kanak représentant le poteau central de la case : c’est le point de départ d’un voyage sans retour, vers l’accession à notre pleine souveraineté !

Ce jour, samedi 14 juillet 2012, veut dire que le moment est venu d’affirmer qui nous sommes. Nous sommes une même histoire vécue dans la douleur, une même assise sur les fondamentaux de la Culture et de l’Identité Kanak, une même identité nationaliste à construire, une même destinée face aux vents et marées de l’Histoire, et appelée à siéger dans le Concert des Nations...

Le Peuple Kanak est un peuple qui accueille, qui ouvre toutes grandes les portes de son cœur, qui partage l’hospitalité de sa case et l’igname de son champ : l’hôte qu’il accueille et héberge est sacré... Sans rien exiger en retour, le Peuple Kanak a beaucoup accueillie, énormément partagé, redonné espoir à tous ceux qui n’ont plus de terre d’asile ou d’adoption, de perspectives, et d’avenir... Or depuis 1853, la terre kanak a été bafouée et souillée par la légalisation officielle de l’immigration extérieure : la déportation, la colonisation pénitentiaire, et la colonisation...libre ont destabilisé en profondeur la société kanak ; des milliers de gens ont fui la grande vague de décolonisation des pays d’Afrique à la fin des années 60 ; d’autres milliers ont abandonné leurs maisons et leurs natales d ’adoption, chassés par l’aspiration indépendantiste légitime du peuple algérien ; d’autres milliers ont rêvé du paradis perdu en Indochine ; une grande vague venant de l’Océanie, de l’Asie, de l’Océan indien, des Caraïbes...ont débarqué en « pays conquis » sur les rives du Pays kanak ; les flux migratoires en provenance de la France métropolitaine et de l’Europe, n’ont pas arrêté depuis, amenant sur la terre kanak des chômeurs, des rêveurs, des mercenaires et des requins à la recherche de nouveaux « eldorados »...

Le Peuple kanak est un peuple millénaire : depuis plus de 4000 ans, il souffre pour survivre en tant que peuple, identité, culture et civilisation. Il a beaucoup souffert en 1878 ; il a encore souffert en 1917 ; sa souffrance est encore vive durant la période de l’indigénat et du cantonnement ; plus récemment, le profond traumatisme lié au massacre des 19 de Gossanah est encore profond et douloureux dans les consciences...

Le Peuple kanak est un peuple noble : il a ouvert la porte de sa case, et accueille depuis159 ans. Il a pardonné en 1988. Mais le Peuple kanak n’oublies pas. Il n’oublie jamais... Récemment, le vent des Alizés a soufflé et pénétré longuement les 8 aires coutumières kanak (Drubea Kapone, Xârâcùù, Ajie Aroo, Païci Cemuhi, Hoot Ma Whaap, Drehu-Toka, Nengone, Iaaï. Il était porteur de paroles lourdes : des paroles sombres entendues ici ou là, dans les quartiers huppés de la Capitale, dans les villages caldoches de l’intérieur, dans les squats où vivent les communautés océaniennes, dans les cercles communautaristes à dominante asiatique, dans les boîtes de nuit où se défoule la jeunesse non-kanak... des paroles qui veulent blesser profondément le Peuple Kanak, l’abattre, l’achever, et l’enterrer dans l e cimetière de l’oubli..

Lors des obsèques de Jean-Marie Tjibaou à Tiendanite, le Père Rock Apikaoua, dans son homélie funèbre, a prononcé ces quelques paroles qui engagent, ou qui poussent à engager la Vie : " Le grand banian est tombé : le bruit de sa chute a résonné au delà des vallées, des montagnes, des mers et océans... Puis un grand silence s’est installé dans le temps... Et puis, petit à petit, la jeune végétation a poussé, grandi : elle est devenue une belle forêt avec de grands arbres... "

Jeunesse kanak, jeunesse caldoche, jeunesse Victimes de l’Histoire, Jeunes Citoyens du pays, le drapeau qui flotte dans le ciel bleu de la Souveraineté, et le nom du pays KANAKY sont entre vos mains ! Nos Ancêtres et notre histoire commune vous accompagnent : réussissez ensemble le défi, Et que Vive Kanaky !!!

Jacques Hoïlané Wabete

Parti Travailliste, samedi 14 juillet 2012.

Une lettre adressée au président de la République Française a été lue par deux jeunes de Kanaky qui ont souhaité le retour des restes de tous les anciens combattants kanak et non-kanak.

Monsieur le Président de la République Française,

Je m’appelle Kalepo. J’ai 13 ans. Je suis issu du clan « Serei Iehnaé », et également sujet de la Chefferie Kouriané, à Tokanod (Tiga), province des Iles/Nouvelle-Calédonie.

Depuis maintenant 94 ans, toute ma famille attend toujours le retour de mon arrière-grand-père, le soldat Kalepo, matricule 702, tirailleur du Bataillon Mixte du Pacifique : celui-ci repose dans la nécropole militaire de Flavigny-Le-Petit, dans un village qui s’appelle « Désolation », dans le département de l’Aisne.

Agé de 20 ans, mon arrière-grand-père Kalepo n’était pas, au départ, un engagé volontaire, mais il avait décidé finalement de prendre la place de son grand frère Wabet, car celui-ci venait tout juste de se marier avec une belle jeune fille prénommée Mageret, du clan des « Si Waéru » de Netché ( Nengoné).

Deux autres jeunes de Tokanod, du clan de la Chefferie, se sont également engagés avec lui : la rupture a été brutale et douloureuse pour notr tout petite île...

Tous les trois faisaient partie des 596 tirailleurs Kanak qui, avec 382 autres engagés volontaires (Wallisiens, Néo-Hébridais, Indochinois) ont constitué le Bataillon des Tirailleurs du Pacifique.

Le 4 juin 1916, c’est l’embarquement à Nouméa à bord du paquebot « Gange » pour rejoindre les champs de bataille françaises. Leur fanion était symbolisé par une roussette.

Ce bataillon, encadré par des sous-officiers calédoniens parlant les langues indigènes, est initialement crée en tant que bataillon d’étape. En métropole, dans un premier temps, ce bataillon s’occupe du chargement et du déchargement des navires en partance pour le front d’Orient, à Marseille. Il se transforme en bataillon de marche avril 1917 en prenant l’appellation de Bataillon Mixte du Pacifique, par l’adjonction d’une compagnie d’artillerie, dans laquelle Calédoniens et Kanak se retrouvent pour la première fois...

Le Bataillon Mixte du Pacifique a combattu dans l’Aisne, l’Oise, la Champagne et participé à de nombreuses batailles : Verdun, Barleux près de Soissons, le Chemin des Dames... D’août à octobre 1918, il participe à la deuxième bataille de la Marne... Auparavant, il contribue à la défense de la tête de pont de Compiègne et à l’attaque du 18 juillet 1918 qui se traduit par le premier recul des forces allemandes.

Le Bataillon Mixte du Pacifique MP s’illustre le 25 octobre 1918 lors de la prise du village de Vesles et Caumont, et de la ferme du Petit Caumont... Le bilan est très lourd : beaucoup de tirailleurs kanak perdent leur vie,donc mon arrière grand-père, le Tirailleur Kalepo.

Monsieur le Président de la République Française,

Je m’appelle Océane Darmizin. J’ai 18 ans, et je suis originaire du village de Lamure-sur-Azergues, un petit village de la région lyonnaise... Mon prénom kanak est Cuatherongo car mes oncles maternels sont de la famille Wabete de Tokanod, lignée directe du soldat Kalepo, tirailleur du Bataillon Mixte du Pacifique qui est donc également mon arrière grand-père...

Plusieurs des membres de ma famille maternelle sont allés en France se recueillir sur sa tombe. Mais le souhait fort de tous est de rapatrier ses restes au pays, pour qu’il puisse enfin se reposer dans sa terre natale de Tokanod....

Des démarches avaient été officiellement engagées dans ce sens, grâce à la contribution personnelle de M. Dupuy, Haut-Commissaire de Nouvelle-Calédonie : le Ministère des Anciens Combattants avait émis un avis favorable pour le rapatriement de notre arrière-grand-père, mais à nos propres frais …

Monsieur le Président de la République Française,

Sur 1234 mobilisés calédoniens, 185 sont tombés.

Sur 1039 kanak engagés, 359 sont morts, dont 140 venant des Iles-Loyautés et 132 de la Côte Est...

Tous les calédoniens engagés volontaires sont morts pour une seule cause : la mère-patrie !

Au moment où nous sommes tous rassemblés ici au Mwaaka, pour célébrer la symbolique du 14 juillet 2012, et en mémoire et en hommage à tous nos arrières grands-pères kanak, européens, wallisiens, tahitiens... morts au champ d’honneur.

Toute la jeunesse du pays soumet à votre aimable attention un voeu très fort :

la prise en charge par l’Etat français du rapatriement des restes de tous les anciens engagés volontaires calédoniens morts durant les 2 guerres mondiales, et inhumés dans les nécropoles militaires en France.

La boucle serait alors bouclée : tous nos anciens combattants reposeront définitivement sur leur terre ancestrale, ou leur terre d’adoption.

D’avance, nous vous en remercions infiniment.

Kalepo et Océane

Pour la jeunesse du pays,

En construction de son émancipation.

Publié par Auteur ext. : USTKE le lundi 23 juillet 2012

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