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Liyannaj : Pour une politique culturelle raisonnée et juste

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Par Stonko LEWEST, artiste plasticien


Mots-clés : #LKP #Solidarités
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« L’essentiel n’est pas de savoir ce qu’on a fait de nous mais de savoir ce que nous faisons de ce qu’on a fait de nous » – J-P Sartre

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Z Combat
Stonko LEWEST

Dans le contexte d’une Guadeloupe unie autour du mouvement « Liyannaj kont pwofitasyon » mouvement social important actionné par un puissant levier culturel, il est important de revenir à nos valeurs culturelles, ciment social et moteur de dépassement de soi. On assiste selon moi à travers cette nouvelle étape franchie à l’avènement d’un renouveau. Ceci étant posé préparons ensemble cette mutation en commençant par la remédiation.

Ce qui est difficile à accepter c’est la précipitation à vouloir répondre, presque rétorquer sans comprendre ce qui a motivé le projet d’ouvrage sur les arts-plastiques en Martinique. Alors que la réaction aurait dû être de nous approprier ce concept tout en l’innovant.

Articuler et adapter avec cohérence ce projet à notre réalité.

Notre réalité, c’est avant tout l’absence de ponts entre les différentes générations de peintres qui méconnaissent de fait l’histoire de l’art de leur pays aujourd’hui. Le fil sémantique et formel qu’il fallait tendre entre le passé et le présent ne s’est jamais tendu. Nonobstant le fait de refonder ces liens entre artistes, c’est aussi par ricochet pour les pédagogues, la contribution de l’institution « Région » à la production de supports pédagogiques supplémentaires et cohérents avec enfin la possibilité d’opposer, d’associer, et de comparer les postures d’hier et d’aujourd’hui. À cela, je réponds qu’il faut une projection à court et à moyen terme qui tienne compte de tout cela dans la stratégie de la chargée d’édition aux affaires culturelles de la région. Pour cela il faut produire une amorce de l’histoire de l’art guadeloupéenne car elle est belle et bien vivante.

Proposition d’une organisation de l’histoire récente des arts plastiques

Tout d’abord, j’avance l’idée de la priorité de traitement des 50 ans d’histoire récente des arts plastiques pour bien dénoncer l’organisation et la structure du beau livre annoncé par la région. Effectivement la moitié du livre est dédiée aux arts primitifs de la caraïbe, je comprends. Mais ce n’est pas selon moi le lieu de la réflexion sur l’art primitif caraïbe car les bases de ce travail ont déjà été jetées et plusieurs relais pédagogiques existent : le collège « Les roches gravées » de Trois – rivières abrite en son sein un centre de ressources en archéologie ; le « musée Edgar Clerc » dédié à la préhistoire précolombienne et amérindienne pour ne citer que ceux-là. En plus de ça les vestiges de cette période sont pléthores et ne risques pas de s’envoler, alors que nous voyons disparaître et se détériorer des œuvres picturales et sculpturales soulevant de fait la question de la conservation des œuvres sur l’île sinon l’arrêt totale d’activité de certains artistes pour diverses raisons au fil du temps. J’encourage la recherche sur l’art caraïbe, utilisée selon moi dans ce cadre-là comme un paravent pour ne pas rentrer en profondeur dans les questions brûlantes que soulève la société guadeloupéenne contemporaine, mais il s’agit ici de traiter exclusivement les arts-plastiques …

La question de la critique

Accepter vos critiques quitte à les combiner avec d’autres que vous estimez plus légitimes sauf si l’on estime que la critique guadeloupéenne ne peut faire valoir la culture et les démarches portées par les artistes d’ici. C’est aberrant ! À quoi bon tenter chaque jour de gagner davantage de respect et d’autonomie et renier la critique guadeloupéenne. Si elle n’existe pas comme je ne cesse de l’entendre de la bouche d’ignorants, c’est admettre inconsciemment qu’il n’y a alors aucune démarche d’artistes digne de ce nom ? Pour finir combien d’entre nous lisent les textes écrit par nos compatriotes ? je n’ose même pas répondre. Commençons par là, et la critique de l’absence de critique nous sera plus profitable.

Pour une fois qu’un document est consacré à l’art, exigeons et refusons qu’il ne soit pas intégralement dédié aux arts plastiques. Sinon nous acceptons l’idée que la discipline ne se suffit pas à elle-même. Très clairement nous aspirons tous à faire de ce secteur un secteur économique crédible. Alors il faut qu’il soit considéré comme une discipline à part entière, indépendante des disciplines dites majeures. La section de recherche de l’université que représente Roger Toumson et les autres peuvent en dehors de notre ouvrage faire ce quelle veut et c’est avec plaisir que nous les lirons. Imaginons la place que cela libérerait pour d’autres faisant taire toutes discriminations et produisant du même coup une photographie fidèle de la communauté des artistes qui vivent et travaillent en Guadeloupe. N’est ce pas ça l’histoire ?

On retrouve cette faiblesse des idées reçues dans l’organisation de l’ouvrage – et notamment dans le casting sauvage des nombreux intervenants critiques d’art variant entre le cousin passionné ou la sœur volontaire, et occasionnellement, ici et là au hasard, 2 ou 3 personnes qui s’y connaissent. Soyons sérieux !

La critique engagée (pour l’essentiel des enseignants en arts-plastiques) qui accompagne le travail des artistes de ce pays depuis des années est associée ici au « tout monde », un ami, un cousin qui a envie de dire ce qu’il ressent sur telle ou telle production. J’imagine déjà les élèves des collèges et lycées assoiffés de connaissances se perdre dans des considérations non scientifiques, trop personnelles. Soyons sérieux ! la nullité de la considération que vous avez pour cette composante essentielle de l’art est affligeante. (Cf. Alexander Gottlieb Baumgarten né à Berlin en 1714 /1762 philosophe allemand qui n’est autre que le père de l’esthétique moderne et qu’il définit comme « science de la connaissance sensible »)

Alors, ne sont-ils pas sensibles au fait que la critique moderne provienne de l’esthétique, cette science philosophique qui combine un ensemble de savoirs disciplinaires pour expliquer le sensible ?. Elle a pourtant pour mission de faire émerger des concepts, des d’approches, et de révéler les mécanismes complexes qui animent les créateurs, elle aide aussi à poser des bases théoriques des récurrences, des évolutions, et des mutations tout en consolidant le travail plastique. Alors laissons ceux qui acceptent de jouer ce rôle en connaissance de cause le jouer. Et respectons-les !

J’évoquais avec un critique guadeloupéen, ma volonté de m’extraire de ce continuum historique défavorable au moment même où le collectif « Liyannaj kont pwofitasyon » vient de forcer les portes blindées de l’histoire pour nous permettre d’accéder à un futur plus attrayant fait d’apaisement de reconnaissance et de dignité. De manière générale, il est temps pour nous artistes de re- définir l’axe de nos approches, de nos postures, et de nos contenus. Une occasion du renouvellement basée sur l’innovation et la redéfinition de notre identité ne se manque pas.

Une politique de division – du rejet à la sacralisation

Il n’y a aucune chance pour que se constitue une communauté d’artistes plasticiens dans le contexte actuel. Effectivement, en sacralisant certains et en diabolisant les autres, c’est ne pas tenir compte de la réalité de l’engagement culturel des créateurs. Refuser, écarter ou même censurer avec souvent le concours des artistes eux-mêmes n’engendre rien d’autre que le bâillonnement de l’art, et ça ne nous emmènera nulle part. Il est urgent qu’on réfléchisse sérieusement à une autre politique de répartition des moyens qui ne se contente pas de lancer au pillage des miettes sur lesquelles se ruent férocement la centaine de plasticiens guadeloupéens impécunieux contraints de se marcher dessus pour exister avec les conséquences désastreuses quant à une possible harmonie de ce milieu.

Au bout d’un moment, l’isolement et la division ne contribuent qu’à empêcher l’avènement d’un corps puissant d’artistes tolérant vis-à-vis d’eux-mêmes et capable de faire bouger les lignes . Et ça ne semble pas interpeller ceux dont le devoir est d’aider à structurer et à fédérer. C’est bien sur exclusivement de notre faute, alors que c’est la gestion et la répartition des moyens qui engendre en partie ce climat néfaste. C’est étrangement le seul lieu où la notion de rassemblement de fédération ne prend pas. Peut-être, qu’en dépit des « assises culturelles » qui se tiennent en ce moment, devrions-nous nous en préoccuper. Le collectif « Liyannaj kont pwofitasyon » sonne le glas du rassemblement, de l’unité dans nos différences et de la fin des inégalités persistantes. Profitons–en !

Utiliser les personnes ressources du secteur n’est pas sorcier.

Est-ce de la sorcellerie que de s’appuyer sur les lumières des personnes ressources pour déjà comprendre et ensuite projeter ? Il est grave qu’après 30 ou 40 ans de pratique plastiques que nos pairs ne soient pas sollicités en premier lieu pour tenter de guider vers une structuration, d’aider au développement du secteur en fonction de leurs compétences diverses. Comment accepter dans la cohérence de mes propos que ce dénie subsiste faisant d’eux des moins que rien qu’il ne faut surtout pas entendre dans les commissions des institutions ?

Cette absence de continuité entre l’expérience et la jeunesse entre l’expérience et l’institution elle-même a déjà maintes fois montrée ces limites et à profondément gênée la bonne marche de ce secteur et à davantage contribuer à l’effacement presque d’éléments de l’histoire de cette discipline. Il faut rendre effectif le partenariat des institutions avec les personnes ressources dans les plus brefs délais.

Quelques pistes nécessaires à la cohérence d’un futur projet pour les arts-plastiques

Tout d’abord il faudra opérer à un découpage de l’histoire récente de l’art guadeloupéen qui va de 1960 à aujourd’hui, en tenant compte des clivages d’artistes d’une période et d’une approche à l’autre.

Le modernismeLe SymbolismeLa figurationL’art contemporainL’avant-garde
(1960 – 1985)(1965 - 1990)(1975/1987 environ)(1987 à 2000)(2000 à aujourd’hui)
L’influence de la peinture européenne Recherche plastique moderne – idéologie nationaliste – la négritude- retour aux racines du monde noir- Mai 1967 à Pointe-À-PitreLa fin du modèle unique européen. Signe-symboles - syncrétisme Expressionnisme – abstraction-lyrisme L’histoire de la caraïbe- la négritude culture amérindienne indienne "Koukara Koulè Karayib "Peinture figurative Descriptive- le beau l’imitation - l’anecdotique – le folklorique - décoratif "Fibrescence" Introduction de nouveaux matériaux et procédés – expérimentations – Libération de la couleur- du geste Installation – identité personnelleInterrogation de l’art contemporain Le mouvement 6A groupement libre d’artistes Nouveaux matériaux et procédés – mythologies personnelles – le numérique – l’image, la vidéo L’abstraction
Michel Rovelas (1967) Michelle Chomereau Lamotte Christian Bracy Klodi Cancellier Rico RobertoK- Cancellier (clivage) Lucien Léogane Joël Nankin (clivage) Richard Viktor Sainsily (clivage) Marie-José Limouza Sanmiyel (clivage) Armand Baptiste Gabriel Baptiste Ganer, Salevor, Girard,Yrius Michel Littée Rico Roberto(clivage)Loial, Melli, Pépito, Réache, Dufour, Biabiany, Borel, Jacky PoulierLucien Léogane Richard V-Sainsily Joël Nankin Bruno Pédurand Pierre Chadru Thierry Lima (clivage) Élisabeth Dugne Antoine Nabajoth Thierry Alet Marielle Plaisir Sandra Edwige Sébastien Caro (clivage) SanmiyelHébert Edau Karine Gabon Lali Lali Hunt Goody Stonko Lewest Ano Th.Lima (clivage) Séb. Caro (clivage)

(La liste reste à compléter, les clivages et les dates proposés sont à discuter)

Une fois cette proposition (perfectible) de classification faite, organisons une politique d’édition raisonnée. Ce système à pour avantage de traiter chaque moment de l’histoire de l’art guadeloupéen lui rendant ainsi son dynamisme tant nié par la conscience collective, afin qu’il n’y ait aucun complexe quant à sa transmission. Il s’agira de créer l’armature d’un cheminement au travers de laquelle le peintre Guadeloupéen pourra se situer par rapport avant tout aux siens. Tout en mettant parallèlement à disposition des outils pédagogiques permettant aux scolaires et aux adultes de situer les pratiques dans leur contexte politique, social, historique précis qui justifie des choix et des postures artistiques. La rencontre entre l’art et l’histoire semble faire peur. L’idée de la création guadeloupéenne ponctuelle, spontanée et vide de toute filiation de tout ancrage ne doit plus trouver d’écho.

Je propose de traiter des périodes et pas forcément dans une linéarité :

  1. La période 1960 – 1985 environ – du modernisme au symbolisme
  2. La figuration 1975/1987 environ
  3. L’art contemporain guadeloupéen
    - Les contemporains – de 1987 à 2000
    - L’avant – garde guadeloupéenne – de 2000 à aujourd’hui

J’ai voulu que ma contribution soit directe, et cependant constructive en espérant susciter des questionnements autour des sujets soulevés.

Fait le Samedi 31 Janvier 2009 aux Abymes
Stonko Lewest – artiste plasticien

Publié par la Rédaction le samedi 14 février 2009
Mis à jour le samedi 21 mars 2009

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