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Guadeloupe - Qui sont les racistes ? Par Jean Jacques Manöel

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L’avenir près des colons est un paradis bien triste...


Mots-clés : #LKP #Solidarités
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Aux fins de colonisation
Le roi envoya aux îles
Son rebut social en exil
Et des soldats en garnison

Des nobles en dissidence
Des paysans, des artisans
Et des manants récalcitrants
Aux percepteurs des finances

Chemineaux des cafés d’Indret
Prostituées de Nantes
De Paris ou bien de Mantes
De la révolte de Juillet

Point d’ingénieur et de savant
Dans la lie d’un régime
Galériens chasseurs de primes
Tel était l’état des présents

Ces blancs libres et engagés
Devinrent les nouveaux maîtres
Participants à la traite
Des bois d’ébènes enchaînés

Partageant le territoire
Et tuants les indigènes
Rebelles au roi sans haine
Pour achever la victoire

A la fin de l’esclavage
La France a rémunéré
Ces colons qu’elle a spoliés
En supprimant le servage

Elle a payé cinq mille francs
De mil huit cent quarante huit
Pour chaque esclave en fuite
Ou libéré de leurs carcans

Avec ce dédommagement
Les colonisateurs devaient
Assurer aux libres sans frais
Un emploi et un traitement

Digne de la République
L’éducation et le respect
Selon les termes du décret
Et l’égalité civique

Les nouveaux patrons ont tout pris
En laissant les noirs pour compte
Usant leur labeur sans honte
Sans jamais être des amis

Ils ont abusé des femmes
Fait des mulâtres malheureux
Sans reconnaître devant dieux
Laissant des bâtards sans âme

En se mariant entre eux
Et en dénigrant les autres
Les colons sont les apôtres
D’un racisme très vertueux

Ils ont fait la différence
En bannissant tous ceux des leurs
Qui ne leur faisaient pas honneur
En souillant leur descendance

En épousant leurs servantes
En faisant des mulâtresses
Des maîtresses leurs déesses
D’une nature riante

Ils ont créé une caste
Pour ne pas disperser leurs biens
Contrôlant les grains et le pain
Loin de l’empire trop vaste

En imposant des noms aux gens
En imposant des noms aux lieux
En imposant leur propres dieux
En imposant tout, tout le temps

Dans leur race ils ont grandi
Comme ils disent fièrement
Gardant particules d’antan
D’un royaume qui les vomit

Ils sont restés royalistes
A la discrétion du pouvoir
De républiques sans gloire
Et d’états colonialistes

Aujourd’hui ils sont les békés
Grands propriétaires terriens
Qui ordonnent à l’état nain
De leur donner et de payer

Ils contrôlent l’import export
Tous les flux de la finance
Les banques les assurances
Les magasins et tous les ports

Ils ont des spécificités
Des passe-droit des subventions
Des zones franches à façon
Non taxés, ils sont remboursés

Tien les voilà les danseuses
De la France que l’on moque
Elles vont bien avec l’époque
Ne sont ni noires, ni gueuses

Elles exploitent toujours les noirs
Qui vivent dans la misère
Et les indiens en galère
Elles n’ont pas honte des miroirs

Danseuses des colonies
Blancs pays ou bien zoreilles
Petits blancs cherchant l’oseille
Expatriés en folie

Pieds noirs vaincus et frontistes
Faillis et nouveaux condamnés
Que la France à rejetés
Immigrés opportunistes

Ces profiteurs ont en commun
Une couleur rose cochon
Un goût pour tout ce qui est bon
Et l’argent est leur seul potin

Au moindre brin de causette
Ils vous questionnent sur un plat
Votre idée fait choux gras
Devient livre de recettes

Si vous êtes l’un absent
Que le BUMIDOM a charrié
Ils prennent vos propriétés
Avec la force du Probant

Et de leur loi trentenaire
Qui vous fait étranger chez vous
Sans leur coûter le moindre sous
Sauf aux complices notaires

Ces comportements à l’excès
D’un groupe et d’une race
Empestent de leur audace
L’ambiance de nos alizés

Nos réactions sont brutales
Et l’on nous dit bellicistes
Parfois même extrémistes
Susceptibles et sans canal

Nous ne sommes pas puristes
Nous ne sommes que victimes
De vols, d’ outrages, de crimes
Et l’on nous veut pacifistes

Calmez vous, ne dites pas ça.
Il est trop tard pour réclamer.
Veuillez remplir cet imprimé
Et demain on vous répondra.

Les mois passent, vous vieillissez
Et si vous osez vous plaindre
On vous tabasse sans craindre
La loi, qui vient vous interner

Vos enfants peuvent étudier
Et passer tous les diplômes
A condition d’être pommes
Infirmières ou postiers

Ils ne doivent pas prétendre
A des postes responsables
Ils doivent être présentables
Blancs dedans et sans s’étendre

Se plier être conforme
Dire oui monsieur, bien madame ;
Baisser les yeux et sans âme
Tout supporter dans la norme.

C’est l’avenir près des colons
C’est un paradis bien triste
A l’ombre de ces autistes
Que nous refusons

Nous ne voulons pas connaître
Ce que nos parents ont vécus
Dans les banlieues des pointus
La France est sans fenêtre

On nous prends pour des africains
Pour des sans papiers sans caution
On nous relègue aux bas fonds
Dans la cale des patelins.

On nous refuse de loger
Au côté des autres français
Pour les odeurs de certains mets.
On nous refuse d’exercer

Les métiers qu’ils nous ont appris
Sur les bancs de leurs écoles.
Cette leçon n’est pas drôle ;
Elle est de trop et j’ai compris.

Nous ne sommes pas gladiateurs
Pour amuser tous vos publics
Vous permettre de faire du fric
Profitant de notre sueur

Nous ne sommes pas des chanteurs
Pour égayer vos spectacles
Ou bénir vos tabernacles
De logorrhées en langueurs

Nous ne pouvons nous résoudre
A être tous fonctionnaires,
Footballeurs ou mercenaires
Et sans cesse vous absoudre.

Nous ne sommes pas des mendiants
Et des bonnes à tout faire,
Pour passer la serpillière
Sur vos erreurs de dominants.

Nous ne voulons plus de vos lois
Et de vos politiciens
Choisis en comités restreins
Selon vos règles de quotas

Dans vos cabinets parisiens
Parmi les marionnettes
Que l’on a criblés de dettes
Pour contrôler notre destin.

Ne représentant qu’eux mêmes
Et les intérêts des puissants ;
Ils sont candidats d’un moment
Pour la pêche à la traîne.

Semblant de démocratie
De placards publicitaires
En émissions mensongères
Choisis par la monarchie

Les élus que l’on impose
Ne peuvent décider de rien
Sauf à désirer pour leur bien
D’être réélus sans cause.

Quatre députés sans moyen
Et trois sénateurs sans ardeur,
Dans un parlement sans couleur
Sont noyés dans le quotidien

De plus de huit cents personnes ;
Qui les ignorent bien souvent
Et les dénigrent tout le temps.
Les assemblées ronronnes

Aux ordres d’un gouvernement
Dont la devise en miroir
Est ne rien dire, ne rien voir
Ne rien entendre dans le vent

Alors, si nous n’existons pas
Entre toutes les élections
Que vaudrait une pétition
Dans l’inconscient de ces gens là

En dehors de leur campagnes
Nos voix s’en vont dans le néant
Conquérir un raisonnement
Le soutien de nos compagnes

Il est temps de se relever
Et de regarder en face
Ce qu’est la lutte des classes.
Il nous faut réagir, aller.

Aller de l’avant, exister,
Ne jamais baisser la tête.
Choisir son destin pour être
Et ne plus être attristé.

Par une histoire pesante
Et par un présent bien trop lourd,
La vie n’est pas un velours
Où les ombres sont passantes.

Nous ne sommes pas spectateurs
Dans un théâtre de zombis
Ni des enfants trop étourdis
Écoutant les bonimenteurs

La France est leur patrie
Ce n’est plus ma métropole
Je me moque des coupoles
Et des ors de l’académie

Mon pays est dans l’océan
C’est une île des tropiques
Où le soleil est unique
Entre le ciel et son volcan

Le bleu de la mer est si pur
Que les algues et les poissons
Forment une toile sans fond
Entre l’écume et l’azur

Un écran au fond d’un écrin
Où l’onde émeut les vivants
Parmi les coraux somnolents
Les homards gris et les oursins

La montagne se regarde
Entre deux îlots du levant
Que le vent coiffe lentement
Dans la parure des arbres

Un pic bœuf dérange son vol
Pour croiser un nuage blanc
Qui s’élance vers l’occident
Avant de s’écraser au col

Dans la verdure des mangles
Dans les sous bois silencieux
Dans le matin sentencieux
Ils passent dans un grand angle

Quand le rideau se referme
L’instant est dans la surprise
La focale sans méprise
A cliché sur mon pied ferme

Le rêve devient souvenir
Dans l’instant d’une pensée
O mon île bien aimée
Tu ne dois plus jamais souffrir

Ceux qui t’aiment sont bienvenus
Ceux qui nous respectent aussi
Ceux qui abusent sont maudits
Ceux là ne sont pas retenus

Ils sont libres de tout quitter
De partir loin dans le monde
Partout où le canon gronde
Où il n’y a point d’équité

Au pays des droits de l’homme
Où la liberté est morte
Le jour où une cohorte
A plébiscité un gnome

Un certain six mai deux mil sept
Il ont perdu l’égalité
En jouant la fraternité
Contre le hasard sans traite

Ils ont gagné un diablotin
Qui les mène droit en enfer
Pille, arrête, met au fers
Ceux qui ne sont pas pour les nains

Qui veulent quitter la barque
Avant d’atteindre le large
Résolus à fuir la barge
Pour voir couler le monarque

Les gens ne veulent plus subir
La loi de tous ces étrangers
Et le bon vouloir des békés
Le peuple cherche à s’unir

Il ne veut plus être traité
De population de France
Il cherche sa délivrance
Dans l’honneur et la dignité

Un peuple debout s’avance
Dans le concert des nations
Ministres sans voix est sans son
Dans le respect du silence

Un petit pays sans canon
Vient de se libérer au pas
Sans violence et sans éclat
Au son du KA sans diapason.

Tous les blancs pays sont partis
Les libanais et les syriens
Des zoreilles sont orphelins.
Ils ont perdus tous leurs soucis.

Dans le temps d’une seule nuit
Ils ont changés tous les drapeaux
De leurs magasins d’oripeaux
Ils se sont adaptés sans bruit

Le dernier avion d’ Air France
Vient de décoller pour Orly
Le Préfet s’en va à Marly
Pour voir son roi en vacances

Quelques chinois errent encor’
Dans les rues de Basse-Terre
En se cherchant un repaire
Pour négocier au son du cor

Les gens ne les regardent pas
Ils vont à leurs occupations
Ou au meeting plein de passions
Le LKP marche au pas.

Dans la douceur de mes rêves
Je m’éveille plein de bonheur
Je n’ai plus cette vieille peur
De l’étranger sur ma grève

Qui compte les grains de sable
Dans sa main gauche en riant
Et me braque en même temps
D’une main droite fiable

Un fusil de guerre tout noir
Pour m’indiquer sans un seul mot
Que si je fais un pas de trop
Je serais mort et toujours noir

La ronde des mots m’anime
Et presse mon cerveau sans heurt
Comme un antidépresseur
Je rentre chez moi sans frime

Entre deux mots le choriste
Avec un vers au fond du cœur
Souffle au comédien joueur
Une rime de fumiste

Ma trompette en Si bémol
Cherche son La dans son émoi
Sur le Do d’un Mi pour un Fa
J’en tombe sur le cul d’un Sol

Qui fait des dièses à la clé
Sur la portée des trilles
Les doubles croches vacillent
Et s’accrochent aux temps d’été

Dans les barres de mesure
Pour fredonner ce poème
Qui m’assaille de rengaines
Et me forcent mon allure

Quand Mélodie me sourit
Au rythme de la biguine
Quand l’harmonie déprime
Le Jazz du quadrille surgit

Entre le zouk et la salsa
Pour faire valser le calypso
De la mazurka au tango
La samba est au bout du pas

Dans une tempête de joie
Le refrain nous entraîne tous
Vers des couplets dits en douce
Ou tous les pieds sont hors la loi.

Le violoniste est en deuil
Son archet s’est brisé sans crin
Dans le silence du matin
Le pianiste se recueille

En refermant la partition
Sur les doigts lents du bassiste
Qui prie les exorcistes
De se taire à l’unisson

Car les sujets sont en peine
De ne pouvoir se défendre
Accusés de se méprendre
De ne pas avoir de haine.

Le ressentiment n’est pas noir,
Sur nous, il n’a pas de prise
Il n’est pas dans nos églises
Car dieu ne peut être que noir

Le chef d’orchestre enquête
Auprès de tous ses musiciens
Il les observe et les tiens
De la main à la baguette

Accordéoniste sans main
Basson pensif à l’air grave
Cor anglais cherchant l’octave
Djembé pris dans un coup de main

Epiphoniste sans corde
Flûte traversière sans pan
Guimbarde privée de dents
Harpiste dans la discorde

Instrumentalisant l’écart
Joué par les congas bongos
Ka timbales et guiros
L’effet d’un simple bécarre

Marimba en palissandre
Nef de bells maillochiste
Ornée par l’ébéniste
Padouk pour les âmes tendres

Quinte de lames pour l’écho
Rébus au manche d’un violon
Saxophoniste baryton
Triangle attendant l’alto

Un hautbois à anche double
Vole au secours d’un tuba
Who is who d’un orchestre las
Xylophone tu me troubles

Y a t’il un souffleur en bas
Zozotant tout bas son texte
Pour le soliste complexe
Qui se défausse d’un faux pas

Et évite une chute
Dans la fosse d’avant scène.
Au balcon metteur en scène
Aristos et bourgeois luttent

Pour choisir parmi les têtus
Le nominé le plus surpris
Désigné pour avoir le prix
« Heureux artiste inconnu. »

2009.03.14
Jean-Jacques Manöel.

Publié par Ibuka le dimanche 15 mars 2009
Mis à jour le dimanche 22 mars 2009

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