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Les temps du rhum en Guadeloupe, Par Diana Rey-Hulman

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Terrain n°13 octobre 1989 Boire

Les temps du rhum en Guadeloupe - Par Diana Rey-Hulman [1]

La canne à sucre est la principale production de la Guadeloupe [2] . De cette canne sont extraits le sucre et le rhum. L’absorption de rhum ponctue toutes les rencontres. Le rhum omniprésent est déguisé en punch ou en un ti pété pié, un « petit qui casse les jambes » ou en de lodifé, de l’« eau de feu ».

Le « petit qui fait éclater les pieds » ou « l’eau de fé », c’est le rhum sec que les agriculteurs aiment boire pour ponctuer leurs efforts. Pendant le temps des travaux agricoles [3] , la bouteille de rhum circule de main en main, chacun se servant dans le gobelet métallique commun. On n’oublie pas de se verser, immédiatement après, quelques gorgées d’eau que l’on avale rapidement comme on l’a fait pour le rhum puis on rince la timbale avec un peu d’eau que l’on verse à terre avant de la passer au suivant.

Le terme punch s’applique à deux modes d’utilisation du rhum. L’acception la plus courante désigne le mélange de sucre, sous forme de poudre ou sous forme de sirop, avec un zeste de citron, auquel on ajoute la quantité de rhum souhaitée. Une autre acception désigne la boisson dans laquelle on a fait macérer des fruits, que l’on ne mangera pas, et à laquelle, suivant les recettes, on ajoute du sucre ou du sirop ; le dosage est laissé à l’estimation du buveur au moment de déguster.

Il y a des modes : on se délecte des punchs liqueurs ou des punchs mélangés sucre-citron-rhum ; c’est ainsi que depuis trois ou quatre ans, il semble que les punchs-macérations soient moins présents dans les buffets ou les bars, meubles spécifiques des demeures bourgeoises [4] . Dans les restaurants, les comptoirs sont souvent ornés de grands pots dans lesquels macèrent des fruits du pays, mais néanmoins la consommation de ces sortes de liqueurs semble y avoir aussi diminué.

Une boisson identitaire

En Guadeloupe on ne dit pas qu’on boit du rhum, mais du punch ou du « petit qui... ». Cependant, boire du rhum est bien un acte identitaire : l’identité guadeloupéenne est construite, entre autres, sur l’opposition rhum/vin.

« Celui qui fait le rhum, c’est un homme intelligent Celui qui fait le vin, c’est un homme insignifiant »

chantent, à l’occasion, les femmes [5] . Le rhum, boisson produite en Guadeloupe, sort vainqueur de la confrontation avec le vin importé de la France métropolitaine, tant dans la vie quotidienne de laquelle le vin est exclu que dans le temps des rituels où le vin ne figure qu’en des lieux bien délimités. Ainsi c’est seulement à l’occasion des repas qui réunissent parrains, marraines et parents proches, autour d’une table — repas de baptême, de communion, de « renonce » (communion solennelle), de mariage — que le vin est présent sur la table [6] .

Le rhum et le vin

Il y a vin et vin. Le seul vin qui fasse concurrence au rhum c’est le champagne, boisson qui n’est d’ailleurs pas assimilée à du vin. « Le champagne, c’est champagne », dirait-on en créole. Le département de la Guadeloupe est, de tous les départements français, le plus gros consommateur de champagne : à chaque arrivée de visiteurs, en effet, l’hôte sort une bouteille de champagne du Frigidaire ou... une bouteille de vin mousseux, « col rouge » dont on dit que c’est le « champagne de la campagne », et que « les jeunes le préfèrent au champagne ». Lors des repas et au cours des mariages, il coule à flots (quand on peut se le permettre).

Le rhum concède une petite place aux vins madérisés, tels le Martini et le vermouth. Ces « vins doux » sont les boissons obligées des femmes pendant les cérémonies ; à Noël, boire du vermouth et du « schrub », liqueur aux écorces d’oranges amères macérées dans le rhum, porte bonheur aux hommes et aux femmes. Dans les repas cérémoniels, pour commencer — « en apéritif », dit-on en français, « pour décoller » en créole —, les hommes boivent du rhum, les femmes ces « vins doux ». L’espace du rhum

Après un décès, l’espace de la maison est fortement ritualisé. Pendant la nuit de veille précédant l’enterrement, les femmes se tiennent assises dans la pièce où est exposé le corps du défunt. A cet endroit seulement, des « vins doux » sont proposés. Si un homme se joignait au groupe de femmes qui chantent les prières, il ne lui serait pas proposé de rhum contrairement aux hommes qui se tiennent à l’extérieur de la maison. L’espace rituel de la mort est donc divisé en deux parties : aux hommes buveurs de rhum l’extérieur ; aux femmes buveuses de vins sucrés l’intérieur de la maison.

Il en est ainsi dans la vie quotidienne où les hommes ne rentrent généralement dans la maison que le soir pour se coucher. S’ils y pénètrent au cours de la journée, c’est pour avaler avec des amis de passage une goulée de rhum et/ou boire de l’eau.

Les agriculteurs, les pêcheurs, boivent « peu et souvent » (c’est par cette phrase que le maître de maison ponctue chaque dégustation de rhum). Il se sert, avale en une gorgée la rasade de rhum, immédiatement après il verse un peu d’eau bien fraîche — mieux : glacée — dans son verre. Aux invités de suivre son exemple. Chacun renversera le verre pour faire tomber quelques gouttes en signe de libations oubliées. Le nombre de libations est proportionnel à la longueur de la conversation entre hommes. Quant aux femmes, maîtresses effectives de la maison, le rhum ne les rassemble pas : elles ne le consomment qu’en solitaire et, lors des visites qu’elles se rendent les unes aux autres, elles ne boivent que des « vins doux ». Telle est la norme : elles ne peuvent avouer leur goût pour le rhum sec. Il s’agit, dans la vie quotidienne, dans les lieux publics, d’une règle de bienséance ; dans l’intimité du foyer, il s’agit de goût personnel mais dans le rituel des funérailles, l’interdit, matérialisé par le partage de l’espace, est formel.

Le temps du rhum

Pendant le temps du rituel des funérailles, on boit le rhum différemment. En effet dans la vie quotidienne, le feu du rhum, l’« eau de feu », est éteint par l’eau que l’on ingurgite immédiatement après. Cette eau, si possible glacée, est versée dans le verre ou la timbale dans laquelle on a bu le rhum. L’eau froide rince le verre, quelques gouttes sont versées à terre. Le geste habituel d’offrande d’eau s’oppose aux gestes de libations du « rhum brûlant » dont on verse directement les dernières gouttes à terre en offrande aux ancêtres pendant la veillée mortuaire. Le jour, les hommes offrent en libation les quelques gouttes d’eau qui éteignent le feu du rhum, la nuit c’est « l’eau de feu » elle-même qui est versée à terre. Pendant la veillée mortuaire les femmes communiquent par la parole avec les morts (Rey-Hulman 1987) et non par les libations. Par ailleurs, dans la vie quotidienne, les femmes ne peuvent sans danger s’exposer au froid après avoir été soumises à la chaleur [7] . C’est peut-être aussi pour cette raison qu’elles sont écartées des rituels de consommation du rhum dans les cérémonies ou dans la vie quotidienne.

Paroles sur le boire

L’inversion rituelle qui se produit à l’occasion d’un décès est marquée par les paroles des femmes : elles chantent des prières mortuaires [8] alors que le jour elles chantent le rhum.

« Peu et souvent » [9] , c’est ainsi que les hommes ponctuent chaque gorgée de rhum dans les journées ordinaires. Parole d’hommes énoncée lorsqu’ils boivent rhum et eau, cette parole n’a plus cours dans la nuit de la mort où le rhum est ingurgité sans eau.

Les femmes ne disent jamais « peu et souvent » mais elles le chantent. « Peu et souvent » prend alors tout à fait la forme des proverbes en créole de Guadeloupe. « Il faut peu et souvent. » Cet énoncé forme un des chants enregistrés auprès d’une ancienne ouvrière agricole et c’est aussi dans des chants de travail que le feu du rhum est mis en scène : « C’est le rhum blanc qui a brûlé notre mairie. »

Conduites d’ivresse

On considère en Guadeloupe que l’ivresse conduit les hommes à chanter. Pendant les veillées mortuaires, ils clament les mêmes chants que pendant les travaux agricoles ; mais seuls chantent ceux qui sont reconnus comme « chanteurs ». On dit d’eux qu’il leur faut, pour chanter, beaucoup de rhum durant toute la veillée. Or s’ils se laissent aller à boire plusieurs gorgées de rhum au début de la soirée avant de commencer à se réunir pour chanter, ils attendront le milieu de la nuit pour réclamer à boire. Ils peuvent chanter leur demande dont une forme figée apparaît dans le répertoire de chants de femmes, correspondant au français « c’est à boire qu’il nous faut »,

« Mes amis lorsqu’on boit, lorsqu’on demande, lorsqu’on boit, lorsqu’on boit, remplissez-moi ce verre. »

En réalité, ils boivent peu. Si les discours attribuent l’ivresse aux chanteurs, cette fonction est en fait assurée par certains hommes, véritables spécialistes de l’ivresse : ils absorbent d’énormes quantités de rhum, tombent raides à terre — dans la plupart des cas sans traumatisme —, et personne ne s’inquiète de leurs chutes. Peut-on y déceler une manifestation de transe sous l’effet conjugué de l’alcool et des bruits rythmés qui emplissent la nuit mortuaire ?

Ainsi l’ivresse n’induit pas forcément le chant dans les lolo [10]  : les hommes attablés à jouer aux dominos ingurgitent nombre de punchs mais de ces lieux ne s’élèvent pas de chants tandis que pendant les travaux d’entraide (travaux agricoles de défrichage, de construction de maison...), hommes et femmes chantent pour réclamer à boire une gorgée de rhum. C’est peut-être en ce lieu que le « peu et souvent » est le plus appliqué.

Boire du rhum et de l’eau

Boire du rhum dans la journée ordinaire, c’est boire aussi de l’eau, tout au moins pour les hommes qui, lorsqu’ils n’ont pas de contrainte médicale, ne boivent de l’eau dans la journée qu’au moment où ils ingurgitent un « petit qui fait péter les pieds » ; c’est donc ainsi que des hommes boivent du rhum et de l’eau « peu et souvent » à longueur de journée. Boire de l’eau, cet acte de survie, est conditionné par des obligations religieuses qui transparaissent dans l’habitude des « gens d’âge », des personnes les plus âgées des maisonnées, de boire dans une timbale qui leur est affectée. Boire de l’eau non accompagnée de rhum se fait, au cours de la journée, en solitaire, dans ce récipient métallique, alors que boire du rhum — obligatoirement en compagnie — exige un verre propre pour chaque dégustation. Ne pourrait-on voir dans la timbale en aluminium un substitut de la timbale en argent qui est offerte à l’enfant à sa naissance ou au baptême ? Dans la pratique du verre pour une seule dégustation à la fois, une mise en pratique de représentations identiques à celles qui sous-tendent la pratique du don d’un verre décoré à l’enfant lors de la « renonce » ?

Culte des ancêtres, religion chrétienne s’entremêlent pour orienter le comportement à boire des acteurs de la société guadeloupéenne : libations de rhum et libations d’eau alternent dans les moments de rituels et dans les gestes quotidiens. Le feu du rhum doit être éteint le jour par de l’eau fraîche — si on ne peut le faire, autant s’abstenir de boire cet alcool fort. L’eau de feu est offerte la nuit aux ancêtres : pour les réchauffer ?

Les façons de boire des femmes, les façons de boire des hommes stigmatisent la place des unes et des autres dans l’univers religieux. Les femmes s’approprient les paroles chrétiennes (selon l’occasion écrites ou chantées) ; les hommes le culte des ancêtres. Si les hommes boivent du rhum et si les femmes ne le font pas c’est peut-être parce qu’elles ne doivent pas s’exposer au danger d’une « chaleur » excessive ni à celui du « chaud et froid », du feu du rhum éteint par l’eau fraîche.

Mais tout cela n’est pas si simple. La dichotomie boisson sucrée, « boisson de feu » n’est pas plus pertinente que celle du chaud et du froid (Bougerol 1983), pas plus que celle qui oppose religion chrétienne et religion des ancêtres ; ces dichotomies s’ajoutent les unes aux autres pour définir l’espace religieux parcouru par les Guadeloupéens en des instants ordinaires ou des temps rituels.

Bibliographie

Bebel-Gisler D., 1985. Léonora, l’histoire enfouie de la Guadeloupe, Paris, Seghers, 317 p.

Bougerol C., 1983. La médecine populaire à la Guadeloupe, Paris, Karthala, 177 p.

Rey-Hulman D., 1987. « L’écriture au féminin. Aux sources des paroles de Guadeloupe », Cahiers de littérature orale, n° 21.

Source :

Revues.org

Référence papier : Rey-Hulman D., 1989, « Les temps du rhum en Guadeloupe », Terrain, n° 13, pp. 87-91.

Référence électronique : Diana Rey-Hulman, « Les temps du rhum en Guadeloupe », Terrain, numero-13 - Boire (octobre 1989), [En ligne], mis en ligne le 17 juillet 2007. URL : http://terrain.revues.org/index2957.html

Publié par la Rédaction le samedi 8 novembre 2008
Mis à jour le lundi 8 juin 2009

Notes

[1] Née en Guadeloupe, chercheur en ethnolinguistique au CNRS (laboratoire d’anthropologie urbaine)

[2] La Guadeloupe est un archipel. L’analyse du boire en Guadeloupe vaut pour les zones des îles à canne à sucre et en particulier pour l’île de Marie-Galante. Dans cette île, la canne à sucre barre tous les horizons.

[3] Une culture de traite — la canne — et des cultures vivrières mobilisent parfois plusieurs paires de bras. Pour le défrichage, la coupe de la canne, les labours, le propriétaire de la terre (ou le colon, sorte de locataire de la terre) fait appel à ses parents, amis et voisins. Ils constituent ainsi un « convoi à charrue », par exemple — au cours duquel on peut entendre des chants de travail désignés en créole par ce terme générique : « chant pour la charrue ».

[4] L’analyse du boire est réalisée dans ce texte sur les comportements des Marie-Galantais. Cette île, comme les autres îles de l’archipel, est marquée par des différences sociales importantes. Ce texte concerne essentiellement les agriculteurs petits propriétaires.

[5] Ce chant fait partie d’un corpus restreint (huit chants) recueilli auprès d’une chanteuse âgée de quatre-vingt-dix ans en 1982. Si la petite propriété s’est généralisée depuis la réforme foncière des années 50, avant cette période la plupart des paysans marie-galantais louaient leurs bras comme ouvriers agricoles, aussi bien les hommes que les femmes. D’après les dires de cette chanteuse, ce chant était un chant de ti band, il faudrait donc distinguer ces chants des « chants pour la charrue ». Peut-être parce que ces derniers sont obligatoirement conduits par des chanteurs alors que les chants de ti band l’étaient, ou pouvaient l’être, par des femmes ? Peut-être le contenu de ces deux catégories de chants était-il différent ? Puisque en effet, sur les huit chants enregistrés, quatre sont des histoires de femmes et quatre des « chansons à boire ». Ou est-ce, comme l’a dit la chanteuse, parce que le travail salarié, en « petite bande », était différencié du travail sur une propriété, propre ou en « colonage » (fermage) ?

[6] Au cours des cérémonies, baptême, communion, mariage, une partie des parents consomment un repas à table. Les festivités concernant de plus nombreux invités se déroulent autour de consommations offertes dans une assiette à chacun des invités, qui restent debout ou s’assoient sur des bancs. Tout au long des journées ordinaires, les membres de l’unité de consommation vont se servir dans la cuisine, ils ne se retrouvent pas autour d’une table à moins qu’ils n’appartiennent à la « petite-bourgeoisie ».

[7] « Même si on ne pense pas que généralement la femme est plus "chaude" que l’homme, disons que la nature d’une femme est d’être parfois plus "chaude" que l’homme » (Bougerol 1983 : 33). C. Bougerol avance prudemment sur le marquage de la division sexuelle par une opposition chaud/froid mais néanmoins elle affirme avec force que le syndrome chaud-froid est un modèle de relations sociales et que « cette chaleur excédentaire, inhérente à certaines étapes de la vie féminine, est cependant combattue le plus efficacement possible par des soins appropriés ».

[8] A Marie-Galante les prières sont chantées sous forme de « cantiques pour la mort », en d’autres lieux de Guadeloupe ces prières sont dites être lues (Bebel-Gisler 1985 : 61). Je ne discuterai pas ici de ces variations, je signalerai seulement l’importance du rôle de l’écriture puisque, à Marie-Galante même, les chanteuses font comme si elles lisaient les « cantiques à mort » (Rey-Hulman 1987). Leurs chants mortuaires tentent de rivaliser avec ceux des hommes demeurant à l’extérieur de la maison, semblables aux chants des travaux agricoles et appelés comme eux, « chants pour la charrue ».

[9] Les locuteurs marie-galantais disent de cet énoncé que c’est une ti pawol qu’ils différencient des « proverbes », poweb, introduits généralement par « il faut que », fo ké... Pendant les veillées ni les proverbes ni les « petites paroles » n’ont plus cours, ces paroles sont remplacées par des blag, terme qu’il convient de traduire par « conte » vu la forme que prennent ces histoires.

[10] Les lolo sont de petits commerces que les femmes installent dans leur maison d’habitation, commerces de très petit détail, mais aussi débits de boisson, bars en quelque sorte.

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