Accueil | Proposer un article | Thèmes | Auteurs

Rechercher



Galerie Photos

Statistiques

Dernière mise à jour
lundi 22 mai 2017
22h56

Statistiques éditoriales
2162 Articles
97 Brèves
27 Site Web
158 Auteurs

Statistiques des visites
454 aujourd'hui
5710 hier
5791867 depuis le début

image Aide & infos

Calendrier

Mots-clés

ADN Awa !, 14 février 1952, 14 décembre 2010, 16 décembre 2008, 26 octobre 2010, Accord Bino, Affaire Jephté Depreux, Apartheid, BEO, Campêche, Charles Henri Salin, Chlordécone, Clan Koury, Cliniques KADJI, Collectif 5 Février, Conflit Danone, Dialogue social, Droit du travail, Esclavage, Etats-Généraux, Guerlain, Haïti, Justice coloniale, Kanaky, LKP, Mai 1967, Martinique, Mayotte, Mercury Day, Michel Madassamy, Mwa Mé, Octobre 1801, Pétition anti LKP, Plantation HAYOT, Prix des carburants, Procureur PRETRE, Prud’hommes, Racisme, Représentativité UGTG, SARA, Sarah Aristide, Solidarités, Tourisme, VIH/SIDA, Xénophobie, Pauvreté, Affaire Marc SAINT-HIL, Assignation en justice, Capesterre-Belle-e (...), CHU Lapwent, Dlo Gwadloup / Eau de, Epidémie Chikungunya, fidel castro, Fillon / Domota, Grève C.A.S.E kapestè, Grève canal satellite, Grève CGSS 2016, Grève Mairie Basse-Terr, Grève Pôle emploi (...), Grèves, Gwiyann, Inde, Journal Rebelle, Journal Rebelle, Lopital Kapèstè, Marie-Galante, Meetings, Mexique, Palestine, Père Chérubin CELESTE, Procès Elie DOMOTA (...), procès Jocelyn LEBORGNE, Propagande élections, Régionales 2015, Secteur B.T.P, Secteur Banque-Assuran, Secteur Emploi-Formati, Secteur Immobilier, Secteur Nettoyage-Blan, Secteur Sécurité, Secteur Social et (...), Secteur Transport, Total pwofitan, UEC-UGTG, ULTEA-UGTG, UNASS-UGTG, UTAS-UGTG, UTC-UGTG, UTE-UGTG, UTED-UGTG, UTHTR-UGTG, UTS-UGTG, UTT-UGTG, Venezuela, Virus ZIKA,

Février 1930 : Tueries de Bonne-Mère et des Abymes

Afficher une version imprimable de cet article Enregistrer au format PDF

Aucune réaction pour le moment !
 

En janvier 1930, les usiniers proposent de payer la canne aux petits planteurs 115 Francs la tonne, alors qu’un arrêté du gouverneur de la colonie - TELLIER - en fixe le prix à 126,75 Frs. Ce même arrêté prévoit une augmentation de salaires de 10% pour les ouvriers agricoles.

Cliquez sur la photo pour la visualiser dans sa taille originale.
Usine Darboussier

Ces derniers, qui doivent survivre avec des salaires de famine, entièrement absorbés par les augmentations des prix des denrées de première nécessité, se mobilisent pour exposer leur situation au gouverneur de la colonie.

Dans La matinée du jeudi 13 février 1930, 200 à 300 ouvriers venus des habitations de la région des Abymes se rendent à la délégation du gouvernement, Place de la Victoire, pour y porter leurs revendications. Sur place, ils désignent des "délégués" chargés de les représenter. Il s’agit des

  • Ouvriers suivants : Joseph LAMALLE, Nestor LANON, Marcellin LAMBERT, Nicolas STEPHANE, AUZET, Félix MILLON, Angèle MAURICE, Joseph TONIS ;
  • Maires et conseillers généraux : ARCHIMEDE, DAIN, MELOIR ;
  • Me BLONCOURT : avocat-conseil du syndicat des planteurs des Abymes, « La Houe ouvrière ».

Reçus par Emile AUGUSTIN, le délégué du gouverneur, ils réclament une augmentation des salaires sur les bases suivantes :

    • 20 Frs pour les coupeurs (pour une tâche de : rejetons : 225 paquets de 12 kg), au lieu des 8,25 frs payés en moyenne (N.B. : Darboussier : 7,25 Frs)
    • 15 Frs pour les attacheuses (220 paquets de 12 kg), au lieu des 5,70 Frs ;
    • 22 Frs pour les charretiers, payés jusqu’alors 7,75 Frs ;
    • 10 Frs pour le sarclage, le sarcleur étant jusqu’alors rémunéré 4 frs.

Cliquez sur la photo pour la visualiser dans sa taille originale.

PAGES, directeur de l’usine Darboussier et président du syndicat des fabricants de sucre est appelé en consultation. Dans l’après-midi, arrivé de Saint-Claude, le gouverneur préside une réunion du syndicat des fabricants de sucre qui ne donne aucun résultat.

Suite à cet échec, la grève éclate dans les centres agricoles des Abymes. Puis petit à petit, les travailleurs de la Grande-terre entrent en grève et les usines Blanchet (morne à l’Eau), Beauport (Moule) et Sainthe-Marthe (Saint-François) cessent de fumer.
La grève gagne ensuite Petit-Bourg et une bonne partie de la Basse-Terre ainsi que Marie-Galante où les conditions de travail sont pires : 5 & 6 Francs pour 8 heures de travail.
A leur tour, les ouvriers métallurgistes et industriels entrent en grève.

A partir du mardi 18 février 1930, on signale des incendies dans les pièces de cannes de la région des Abymes. Les incidents entre gendarmes et grévistes se multiplient.

Le jeudi 20 février 1930, quelques grévistes arrivent aux environs de Pointe-à-Pitre : la gendarmerie tente de leur interdire l’entrée de la ville au motif que la municipalité aurait pris un arrêté prohibant tout attroupement sur le territoire de la ville.
Le même jour, une réunion entre usiniers, grévistes et le gouverneur. Les usiniers proposent une augmentation de 25 à 39% sur les salaires de 1929 : les délégués, considérant l’augmentation proposée insuffisante, la refusent.

Cliquez sur la photo pour la visualiser dans sa taille originale.
Usine Bonne-Mère

Du vendredi 21 au lundi 24 février 1930, les tentatives de débauchage se multiplient dans les centres. A l’usine Bonne-Mère, la direction décide de rouvrir l’usine qui fonctionne jusqu’alors avec un personnel très réduit, compte-tenu du nombre de grévistes.

Mardi 25 février 1930, vers 13H30, les grévistes, informés de la réouverture de l’usine, viennent à Bonne-Mère pour tenter de débaucher les ouvriers qui travaillent.
La troupe les bouscule, et des coups de feu sont tirés par les gendarmes. Les travailleurs répliquent par des jets de pierres : les gendarmes déclenchent alors une fusillade. Une femme, Estelle DRACON, est tuée.

Aux Abymes, au Raizet, les gendarmes fusillent aussi des grévistes : Augustin LAMALLE et Fénelon GALERY sont ainsi assassinés par les militaires.

Début mars 1930, le travail reprend dans plusieurs centres ; la majoration réclamée par les ouvriers grévistes étant en partie consentie par les patrons usiniers. La grève aura duré deux mois sur certaines propriétés. Ce mouvement reste un tournant dans l’histoire du mouvement ouvrier de la Guadeloupe, car il marque les débuts d’une radicalisation des masses ouvrières.

| Source : Historial Antillais

publication originale : 15 septembre 1980

Publié par la Centrale UGTG le mercredi 30 juillet 2008
Mis à jour le mardi 11 novembre 2008

 > A lire également

A lire aussi dans la même rubrique :

D'autres articles du même auteur :

 > Forum article

Aucune réaction pour le moment !

Nous écrire | Plan du site | Espace privé | Propulsé par SPIP | Flux RSS Flux RSS | Mentions légales

Valid xhtml 1.0 Téléchargez Firefox !