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Gaby Clavier : Détotyé péyi Gwadloup & déchouké yo !

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Mots-clés : #LKP
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Une entreprise de reprise en main et de mystification

Nous avons constaté que depuis quelque temps ils ont décidé de reprendre la main : Congrès par ci, réunions par là, états généraux, sarko... : Les politiques ont décidé aujourd’hui an péyi Gwadloup de recommencer à parler ! Il est vrai qu’ils étaient muets car nous étions an balan et en mouvement ; que nous étions en conscience.

Ils s’imaginent que nous nous sommes maintenant endormis ; et ils ont donc décidé de reprendre la parole pour tenter de nous faire croire que leurs paroles sont plus intéressantes que tout ce que nous avons pu dire pendant ces 44 jours ! C’est donc une véritable entreprise de reprise en main - mais aussi une vaste entreprise de mystification - qu’ils ont engagé contre nous !

Détotyé péyi Gwadloup & déchouké yo

Parce qu’ils restent persuadés que tout ce que nous avons accompli pendant ces 44 jours n’a pas de sens ; ils sont convaincus que nous sommes livrés à un petit jeu : Nous ne faisions que marchions, nous faisions notre carnaval... Mais que nous n’avons aucune volonté de transformer ce pays. Ils n’ont toujours pas encore pu comprendre - avec leur argent, leur pouvoir et le mépris qu’ils nous portent - que nous avons en idée, que nous avons décidé de détotyé Gwadloup [1] et de les déchouké [2] eux et le pouvoir qu’ils possèdent ! Détortiller ce pays et les chasser de ce pouvoir qu’ils ont usurpé !

Parce que c’est cela qui est en jeu an péyi Gwadloup jodila [3]  : Il ya un peuple qui est en mouvement, un peuple qui est en conscience, un peuple qui tente, cherche, se débat pour enfin voir la lumière dans les champs [4] ... Et ces messieurs restent pour autant persuadés que nous nous livrons à un simple petit jeu !

Yo ay chèché gwan mèt blan a yo.

Ils ont donc appelé à la rescousse leur grand maître blanc. Et on aura vu ce dernier dans leur télévision nous dire : "Je vous ai compris ! La main sur le coeur, je vous regarde les yeux dans les yeux", pour leur dire quoi ?! :
Yonn, à l’adresse de Lurel et à Gillot : Rassurez vous et cessez vos pleurs, je suis là ! J’ai suffisamment de manblos [5] pour m’occuper de leurs cas... Pa pléré Gillot, pa pléré Victorin... S’il le faut je les éradiquerai à coups de karcher, mais soyez en sûrs, j’entends bien m’occuper d’eux !
Le deuxième message était destiné aux békés, aux patrons, aux pwofitan et aux profiteurs : Vous pouvez continuer à dominer, à exploiter, à pwofité et infliger toutes les tribulations à ce peuple là ! Nous avons suffisamment de manblos dans ce pays pour les réduire ; mais surtout je suis en mesure de vous accorder encore plus d’argent car je suis en mesure d’étendre la défiscalisation : La Zone Franche Globale... Car c’est cela que ces profiteurs lui ont réclamé ! C’est à dire encore un peu plus d’argent pou yo [6] et moins d’argent pour les travailleurs ! Mais également la déréglementation pour les travailleurs.
Et que nous a t-il dit, à nous ?! : Je vous ai compris... Cela peut-être l’article 73, l’article 74, l’autonomie... Mais ce ne sera en aucun cas l’indépendance ! Même si vous aviez le droit de vous exprimer, même si vous entendez être maîtres de ce pays ! Donc autrement dit il y a une ligne jaune à ne pas dépasser, une parole à ne pas prononcer, une revendication à ne pas exprimer, une conscience à ne pas développer !

Yo pòkò jan pwan nou pou moun

Donc jusqu’à présent, ils ne nous considèrent toujours pas comme des êtres humains à part entière ! Pour eux, nou pa moun ! [7]  ! Ce qui les conforte dans l’idée que nous nous sommes simplement livrés à un petit jeu...

Que Sarkozy le dise, ce n’est pas bien grave : Il n’est pas d’ici... Que les békés le disent, ce n’est pas plus grave : ils ont l’habitude de nous considérer comme tels ; et nous, nous savons nous occuper d’eux... Que les patrons le pensent, ce n’est pas bien plus grave : nous avons déjà commencé à nous occuper d’eux avec tous les mouvements sociaux que nous avons engagé... Mais que ceux qui ont entre les mains les mandats que nous leur avons accordé, que ceux qui détiennent le pouvoir que nous leurs avons confié... puissent penser que nou pa moun et qu’ils pourront faire alliance avec Sarkozy et les békés pour continuer à nous exploiter - tout en nous réclamant 18 mois de plus [8] pour continuer à nous exploiter - ... : Ca, ce n’est pas normal ! Ca, ce n’est pas acceptable !

Menm si yo pa tann fo nou fè yo konpwann

C’est pourquoi nous affirmons que le mouvement LKP que nous avons construit, ce mouvement de conscience et cet esprit qui aujourd’hui se déploient dans le péyi Gwadloup... même s’ils ne l’ont pas entendu, même s’ils n’ont pas compris... il faudra le leur faire comprendre !
Mais en réalité, camarades, ils font simplement mine de n’avoir ni entendu ni compris... Mais nous, nous savons très bien qu’ils ont déjà tout compris de ce qui est aujourd’hui en jeu dans notre péyi Gwadloup.

Ils ont déjà tout compris mais sur quoi misent t-ils, pour nous faire reculer ?! Classique :Nnos divisions, la peur, la faim, le RMI, un emploi au rabais à offrir, des formations par l’armée... Ils escomptent trouver ainsi un moyen pour nous occuper, de façon à nous empêcher de penser. De façon à nous empêcher de nous construire, de façon à ce que les hommes et les femmes de ce pays n’aient pas une ligne de conduite, une vision de leur pays, ni une vision d’eux mêmes.

C’est là dessus qu’ils s’appuient... Il leur semble impossible que ce peuple - du fait de l’exploitation sans fin qu’il a connues fait des tribulations qu’il a subies, des coups qu’ils a endurés - puisse prendre conscience et avoir une vision, un sens de son intérêt, une façon de concevoir le développement de son pays...

Nou ké maché, nou ké maché, nou ké maché...

Autrement dit camarades, nous avons beaucoup à faire, nous avons à marcher, encore et encore... Et nous marcherons, nous marcherons et nous marcherons encore... Nous marcherons tout le temps qu’il faudra, mais nous marcherons vers eux et nous marcherons pour eux ! Nous marcherons là où il faut, le temps qu’il faut et tout le temps s’il faut...
Mais nous continuerons sans relâche à leur répéter que ne nous ne sommes pas d’accord avec ce qu’ils font dans ce péyi, de ce péyi Gwadloup : Nous ne sommes pas d’accord : Avec leur manière de conduire ce pays ; d’utiliser notre pouvoir ; de faire avec notre jeunesse et nos enfants ; de licencier et de fermer des entreprises tout en nous faisant passer pour des malfaiteurs !

Nous avons gagné un pouvoir et une autorité an péyi Gwadloup !

C’est justement ce pouvoir que nous avons conquis an péyi Gwadloup jodila ! C’est cette autorité que nous avons gagné avec le mouvement LKP ! Nous avons obtenu la possibilité, la capacité de dire que nous ne sommes pas d’accord ! Et ce n’était pas le cas, il y a encore seulement quelques mois... Chacun an ti pilo [9] , dans son coin, pouvait bien le dire... Mais aujourd’hui, nous avons décidé de le dire tous ensemble ! Et cela prend dès lors un autre sens...

Et nous devons voir, prévoir ce que nous entendons en faire - de ce pouvoir et de cette autorité. C’est d’abord les rendez vous auprès de tous les camarades en grève, c’est effectivement de continuer la solidarité. Mais c’est aussi de continuer à nous renforcer, de continuer à prendre conscience pour être capable de dire à qui nous le confions, ce pouvoir. A qui nous le confions, à quelle condition nous le donnons et à quelle fin nous l’accordons. C’est à dire que si c’est nous qui le donnons et qu’il est mal utilisé, c’est par un koutchanm [10] que nous le reprendrons aussi sec.
Et ils doivent savoir dorénavant que ce koutchanm n’est pas si loin et leur pend au nez ! Et il se produira dans les quelques mois à venir... L’an prochain au mois de mars, nous verrons ki moun ki moun & ki moun ki nonm, ki moun ki fanm an péyi Gwadloup [11] ... Lorsque ce peuple prendra la décision de dire qui il élit et qui il rejette... : Celui ci oui, mais celui là non et qu’il aille au diable !

C’est aussi cette nouvelle situation que nous avons construit an péyi Gwadloup jodila : Notre capacité à choisir et à dire ce que nous voulons pour notre pays. La capacité de choisir celui qui le dirigera, avec quel projet, et selon quelles règles...

Sé lékol moun ka pwan CAP é non lawmé !!!

Autrement dit, quand on voit ces élus applaudir l’annonce de Sarkozy de diriger chaque année 1000 jeunes vers l’armée pour une formation, qu’est que cela signifie ?! A quoi servent donc toutes ces écoles qu’ils ont construites, tous ces enseignants qu’ils paient, toutes ces chaises et tables ?! A quoi donc servent-ils s’il faut en arriver à l’échec le plus total pour que l’on commence à s’occuper de vous ?!
Et nous autres parents, pourquoi consacrons-nous autant de temps à nos enfants pour leur apprendre à lire, à écrire, à apprendre leur leçons, à leur enseigner le respect d’autrui, à leur apprendre à rester dignes et fiers... Si son passage à l’école ne débouche que sur un projet de passer une année dans un camp militaire pour y obtenir un CAP ?!
C’est à l’école et non à l’armée qu’on doit obtenir un CAP ! Et certainement pas dans un camp militaire français ! Dans l’armée française, chaque matin, c’est le lever de drapeau et la marseillaise ! Et marcher au pas, en rang !
Alors ils nous disent que c’est pour la discipline... Mais pour faire preuve de discipline dans ce pays, il faut avoir un espace, au moins un couloir offre une perspective et une vision de l’avenir !!! Et nous adultes, dont on veut enfermer les enfants dans les couloirs de l’armée, nous devons nous engager pour ouvrir nos propres couloirs !!!

Sa nou ka ekzijé !

Et cela signifie que la première exigence que nous aurons vis à vis des politiques, c’est qu’ils construisent un véritable projet politique pour que nos enfants puissent avoir un emploi, une formation !!! Et que nos enfants puissent enfin cesser de pentiré syel é ba lari chenn [12]  !

Ce que nous exigeons d’eux également, c’est le respect par Tous des conventions collectives, du code du travail et du droit du travail !!! Que tout le monde le respecte, même s’il a pour nom Damoiseau... Il faudra que tout le monde le respecte, même si c’est un guadeloupéen... Même si il est bourré de fric...

Ce que nous exigeons c’est aussi de voir comment nous devons être capables de planté manjé é manjé sa nou ka planté ! [13] D’arrêter de dépendre des bateaux et des avions pour nous nourrir et que le port cesse d’être notre unique jardin ! Ca non plus, ce n’est pas normal !

Zèl a dend’, bwòs a den é pat’ dentifris : Mi sé sosyété la sa yo ka pwopozé nou !

Et dans le même temps où Sarkozy exige - oui, il a exigé - qu’il y ait une diversité agricole et que nous cessions d’importer du poisson et de la viande... Il nous parle d’un port en eaux profondes en mesure d’accueillir 500 000 containers par an ; soit plus d’un container par habitant !!! Et l’on comprend sans peine que ces bateaux ne nous amèneront pas des containers vides... : des ailes de dinde, des ailes de dindes, et encore ailes de dindes ! Des ailes de dindes, des réfrigérateurs, des brosses à dents et des tubes de dentifrice... !
Et cela surprendra quelques uns que nous soyons obèses, diabétiques et hypertendus ; et invalides à l’âge de 40 ans...

Telle est la société qu’il nous propose... Et nos élus et notables d’applaudir... D’applaudir, car ravis par ce discours : une bande de couillons assis face à Sarkozy s’abreuver de pareilles inepties ! Et lui Sarkozy de se marrer tout en se livrant à ses mimiques ! Vive la france, vice la france de l’outre mer, la france des outre mers... Et c’est bien cette france là qu’ils entendaient nous imposer !

Yo byen enmewdé...

Alors, camarades, nous comprenons aisément qu’ils sont bien emmerdés - et ils peuvent légitimement l’être - de constater que la vie de cette france qu’ils avaient déjà planifié pour nous... est arrêtée, stoppée. Que cette france là ne verra pas le jour chez nous. Cette vie là, Nous l’avons arrêtée, Nous l’avons stoppée !

Cette france de la dépendance économique, cette france de la faim, cette france des rampants, des malpropres et des voleurs... Nous l’avons arrêté an péyi Gwadloup ! C’est cela que nous avons arrêté... Et c’est pourquoi ils sont si emmerdés !

Annou vinn nou... Annou vinn Gwadloupéyen !

Yo péké pwan’y, yo péké pwan sa nou fè la... Ils ne l’accepteront pas et n’entendent pas nous faire de cadeau ! Ils n’accepteront pas que nous ayons décidé de ne pas acheter leurs produits ; de ne plus consommer leur nourriture ; de ne plus fonctionner comme eux ; de ne plus nous ferrer les cheveux...

Annou vinn nou... Annou vinn Gwadloupéyen ! Et il y a quelque chose que nous observerons : Pli nou ké vinn moun, pli nou ké vinn nou, pli nou ké vinn Gwadloupéyen [14] , et plus ils feront preuve de sauvagerie et de barbarie à notre encontre...
C’est le cas chez Audebert : plus de 104 ans [15] que cette entreprise békée est installée en Guadeloupe et Audebert n’y a encore jamais organisé une seule élection de délégués du personnel... Et l’état lui fournit chaque jour des manblos pour lui permettre d’empêcher l’application de l’Accord BINO par son entreprise !

Cela signifie, camarades, que lorsque nous décidons d’être Nous, de vinn moun, d’aller bien plus loin que là où nous sommes, d’aller bien plus en conscience et en détermination, de nouer encore plus de liyannaj... La répression nous frappera sans pitié.

Nou pa pè ankò !

Mais nous leur avons signifié que nous n’avions plus peur... Et cela, ils ont commencé à l’observer : Non seulement nos enfants, mais aussi nos grands parents, nous autres présents ce soir et notre jeunesse... nous n’avons plus peur...

Plus personne ne les craint aujourd’hui en Guadeloupe. Et en plus nous comprenons... Nous comprenons - car nous l’avons appris -, que nous n’avons aucune leçon à recevoir d’eux : nous n’avons encore dominé quiconque. Ils ne peuvent donc venir nous donner des leçons de sauvagerie..., des leçons de morale consistant à nous traiter de violents et de sauvages !

Dé men annou pwop !

Nous leur interdisons de parler ainsi en Guadeloupe ! Car le sang qu’ils ont sur les mains, la domination et l’asservissement qu’ils portent en eux... le peuple de Guadeloupe, lui, ne les a jamais portés ni jamais pratiqués. Et jamais nous ne porterons un tel fardeau !
Ce n’est pas à eux de nous dire si nous devons être pacifiques ou violents, calmes ou sereins : C’est nous qui décidons quand nous devons parler, quand nous devons marcher et à quel moment nous serons violents !!!
Parce que c’est cette question qui est posée aujourd’hui. Et c’est cette question que nous tous nous posons aujourd’hui.

Et quand prendront fin les états généraux et qu’au mois d’octobre Sarkozy dictera ses conclusions et ses décisions, Lurel & Gillot en seront à faire leurs propres états généraux appelés projet guadeloupéen de société ; lesquels ne s’achèveront que dans ... 18 mois. Soit plus d’un an après que Sarkozy ait officialisé ses décisions. Et alors même que Sarkozy et l’état ont déjà pris les devants avec la loi d’orientation LOOM [16] et le projet STRACOM[17] Si seulement ces politiciens prenaient au moins le temps de lire les documents et dossiers qui leurs sont remis, notamment à l’assemblée nationale... Ils se seraient rendus compte que tout ce qu’a affirmé Sarkozy dans son discours est écrit noir sur blanc dans tous les documents de l’état français !
C’est donc une honte de les voir applaudir à deux mains à tout ce que disait Sarkozy, comme s’il y avait quoique ce soit de nouveau...

Nou pa ka débandé, nou péké moli !

Donc aujourd’hui, camarades, face à tant de mépris de nos politiciens, de nos représentants ; face à un tel mépris du président de l’état français ; face à tout ce mépris de la classe politique et à ce soutien sans faille qu’elle apporte aux békés et aux patrons qui nous exploitent et nous dominent... Nous avons une réponse à porter, une grande réponse à porter et un grand rendez vous à organiser.
Le peuple de Guadeloupe doit leur signifier que nous les avons aussi compris, mais que pour nous, la vie continue : Le chemin que nous avons ouvert et que nous empruntons, nous ne l’abandonnons pas ! Nous ne dévions pas de notre route et nous ne reculons pas ! Nous ne faiblirons pas tant et tant qu’il y aura de l’exploitation, du mépris et des pwofitasyon dans ce pays !

Fo nou fè yo pè pou yo pé rèspèkté nou !

Ils sont dans un consensus qui n’en finit pas. Mais tou panan yo ka konsansousé, yo ka mépwizé nou [dans le même temps, ils nous méprisent]]. Tous pour la Guadeloupe, Tous pour les Guadeloupéens, J’aime la Guadeloupe : Voilà à quoi se résume leur discours politique !

C’est dans cette dimension politique qu’ils souhaitent nous enfermer : celle de gens bien gentils, très gentils même... qui courbent l’échine et ne disent mot.
C’est cette ligne politique, celle du consensus qu’ils vont déployer dans les prochains jours : Il n’y aurait pas de divergence de classes, il n’y aurait pas de luttes de classes, il n’y aurait pas d’intérêts divergents dans notre pays. Il n’y aurait qu’un seul et même intérêt : La Guadeloupe !

A pa sa pèp la di

Mais quelle Guadeloupe ?! Ils sont bien infichus de le dire et entendent le demander au peuple pendant encore 18 mois ! Et quand le peuple le leur aura signifié, ils retourneront à leur Congrès et décideront du contraire ! Car nous expliqueront t-ils, le peuple n’a pas pu dire et vouloir pareille chose...

Ils ont ainsi demandé une prolongation de 18 mois à Sarkozy pour avoir le temps de ranjé kabann a yo [18] ... Et Sarkozy le leur a accordé... Et ils appellent cela la démocratie ! Ils détournent la démocratie, ils la piétinent, mais nous qualifient de sauvages parce que nous avons été nous assoir au Conseil Général, c’est à dire a kaz annou [dans notre maison] !

Ils ont un mandat qui s’achève dans 6 mois et ils sont en passe d’obtenir du président de la France une prolongation de ce mandat de 18 mois ! Cela signifie qu’ils entendent encore être là dans 18 mois, qu’ils ont dans l’idée qu’ils seront encore là dans 18 mois !!!
Et quoi que puisse dire le peuple au terme de leurs consultations, ils entendront autre chose, car ils sont déjà au pouvoir, ils sont déjà assis !

Et c’est toujours ainsi qu’ils nous ont eu camarades : Ils nous ont toujours eu par le biais de rendez vous électoralistes ! Confiez moi le pouvoir et pour le reste nous verrons par la suite... Et comme le dit Elie, une fois élus, ils viennent nous assurer que le déficit budgétaire n’est pas de leur fait ; qu’il faut le combler et donc augmenter les impôts ; qu’il leur faut 6 ans pour effacer l’ardoise de leur prédécesseur. Au terme de ces 6 années, ils réclament un nouveau mandat... É sé konsa dépi nanni nannan yo ka kouyoné nou [19] .

Annou fè yo pè & Annou bougoné LKP

Donc, camarades, il nous faut leur dire de cesser ce petit jeu auxquels ils se livrent... Et ce n’est pas au seul LKP, et à ses dirigeants associatifs, politiques et syndicaux de le leur dire : C’est à nous tous de le dire. Dans les quartiers, dans les communes, entre voisins, en famille, lors des baptêmes et des mariages... Cessons donc de parler des championnats de football, de femmes et de grosses bagnoles : et attachons nous plutôt à parler du péyi Gwadloup et de choses intéressantes !

Et plus nous parlerons entre nous et plus ils nous entendront wonflé é bougoné [20]  ; plus ils entendront la révolte du peuple. Et là ils commenceront à prendre peur... Oui, il faut dorénavant leur faire peur. Car ils n’ont pas encore peur. Ils n’entendent pas, ils ne comprennent pas et cherchent toujours a démouné nou ; mais en plus ils n’ont pas encore assez peur...
Ils commençaient à avoir peur, mais ils se reprennent... Car Sarkozy est venu pour les ragaillardir... Nous devons donc recommencer à leur faire peur !
Malheureusement, nous sommes bien obligés de le dire de la sorte et de le faire : car tant que ces messieurs n’auront pas peur, ils ne nous respecterons pas, ils ne respecteront pas le mandat que nous leur avons donné ! Ils ne l’utilisent que dans le seul sens de leurs propres intérêts !

Nous sommes camarades dans un moment extrêmement important - un moment fondamental - dans la vie du mouvement que nous avons constitué et construit au mois de janvier : un moment de conscience, un moment de déploiement du LKP dans les quartiers, dans les bourgs, dans les rues... L’esprit du LKP doit se déployer, respirer, transpirer et devenir permanent : c’est cela que nous appelons « bougoné » !

Pour le moment annou bougoné, annou bougoné LKP ! Et petit à petit, le déploiement du LKP fera qu’ils changeront. Ils changeront car ils auront à faire face à notre pression... Et ils verront que s’ils ne changent pas de position, nou péké machandé yo ! [21]

Gaby Clavier [Secrétaire général de l’UGTG : 1993-2002]
Palais de la Mutualité, Pointe à Pitre,
Vendredi 26 juin 2009

Source audio : Patricia CHATENAY-RIVAUDAY

Publié par la Centrale UGTG le mardi 30 juin 2009

Notes

[1] la sortir du pétrin, la détortiller

[2] chasser du pouvoir

[3] jodila = aujourd’hui

[4] Référence à une chanson de Guy Conquête : O jou lè jou, On ne sait pas quand, Nou ké vwè la limyè dan lé chan

[5] Forces de répression

[6] pour eux

[7] Nous ne sommes rien

[8] Article 4 de la résolution des élus au Congrès : "De demander à l’Etat de n’engager ni d’imposer de modification institutionnelle ou statutaire qui ne serait pas compatible avec le projet de société élaboré par le peuple guadeloupéen dans ce délai de 18 mois".

[9] par petit groupe

[10] par dépossession

[11] le vrai visage de chacun

[12] peindre le ciel et errer dans les rues

[13] planter notre nourriture, et de manger ce que nous planter

[14] plus nous retrouverons notre pleine humanité, plus nous deviendrons nous, plus nous serons Guadeloupéens

[15] créée en 1905

[16] Loi d’Orientation pour l’Outre Mer

[17] Stratégie de Croissance pour l’Outre Mer : Il s’agit d’un document épais qui décrit tout au long de ses 50 pages toutes les orientations que le gouvernement a déjà arrêté pour la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Réunion et la Nouvelle Calédonie pour les 10 ans à venir.

[18] faire leur lit

[19] Et c’est ainsi qu’ils nous couillonnent depuis des lustres...

[20] exprimer notre mécontentement et notre colère

[21] nous ne leur ferons pas de cadeau !

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