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NAACP : Traduction du discours d’Obama aux noirs américains

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Propagande, Sermon ou Hommage aux militants des droits civiques ?


Mots-clés : #Racisme
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Reprenant en boucle des dépêches d’agence, la presse écrite française a affirmé dans un bel ensemble que B. Obama, dans son discours prononcé à l’occasion du 100e anniversaire de la NAACP aurait "sermonné" et mis en accusation la communauté noire américaine, en la renvoyant à ses propres manquements & responsabilités. Qu’on en juge :
- Le Point : Obama invite les afro-américains à privilégier l’éducation
- Le Monde : Barack Obama prône une "nouvelle mentalité" en sermonnant les Afro-Américains
- L’Express : Obama invite les afro-américains à privilégier l’éducation
- Le Figaro : Obama : « les Afro-Américains doivent se prendre en main »

Qu’en a t-il été en réalité ? Même si Obama n’est probablement que le dernier avatar de l’impérialisme américain, nous proposons une traduction fidèle de son intervention. Ainsi chacun - en particuliers les Obamophiles & autres Obamophobes - pourra forger sa propre opinion.

Président Obama : Merci. Quelle extraordinaire nuit, concluant une extraordinaire semaine, concluant un extraordinaire centenaire à la NAACP.

Donc, Président Bond, Brother justice, je vous suis à tous très reconnaissant d’être ici. C’est un vrai plaisir d’être parmi des amis. C’est un honneur extraordinaire d’être ici, dans la ville où la NAACP a été créée, pour célébrer son centenaire.

Ce que nous célébrons ce soir ce n’est pas simplement le chemin que la NAACP a parcouru, mais le chemin que nous, en tant qu’Américains, avons parcouru au cours des 100 dernières années.

C’est un voyage qui nous ramène à une époque où la plupart d’entre nous n’était pas encore nés, bien avant le Voting Rights Act, le Civil Rights Act, et le Brown vs. Board of Education ; l’époque d’une Amérique juste une génération après l’esclavage. Il fut un temps où Jim Crow était un style de vie : où les lynchages étaient bien trop courants ; et où les émeutes raciales secouaient les villes à travers un pays de ségrégation.

C’est dans cette Amérique où un chercheur d’Atlanta nommé W.E.B. Du Bois - (applaudissements) - un homme d’une immense intelligence et d’une passion farouche pour la justice, a déclenché ce qui allait être connu sous le nom de Niagara movement ; là où des réformateurs se sont rassemblés, non pas sur des critères de couleur, mais pour une cause ; là où est née une association qui allait, comme l’affirme sa charte, promouvoir l’égalité et éradiquer les préjugés entre les citoyens des États-Unis.

Dès le début, ces fondateurs comprirent la façon dont le changement adviendrait - comme le firent plus tard King et tous les géants des droits civiques. Ils ont compris que ces lois injustes doivent être abolies, qu’une [nouvelle] législation devait être adoptée ; et que les Présidents devaient être poussés à l’action.

Ils savaient que la tache de l’esclavage et le péché de la ségrégation devaient être supprimés dans une salle de tribunal, dans la législation, et dans les cœurs et les esprits des Américains. Ils savaient aussi qu’ici, en Amérique, le changement devrait venir du peuple. Il viendrait des protestations populaires contre les lynchages ; des regroupements contre la violence ; de toutes ces femmes qui décidèrent de marcher au lieu de prendre le bus, même si elles étaient exténuées après une longue journée passée à faire la lessive de quelqu’un d’autre, à s’occuper des enfants de quelqu’un d’autre.

Il viendrait d’hommes et de femmes de tous âges et de toutes confessions, de toutes races et de toutes régions - qui prendraient le bus à Greyhounds sur la lancée des Freedom Rides ; qui s’asseyeraient aux comptoirs des bars de Greensboro ; qui, dans les campagnes, les coins les plus reculés du Mississippi, inscriraient les électeurs ; qui savaient qu’ils seraient harcelés, qui savaient qu’ils seraient roués de coups, qui savaient que probablement, certains d’entre eux pourraient ne jamais revenir.

En raison de ce qu’ils ont fait, nous sommes plus unis.

Parce que les lois Jim Crow ont été abrogées, des PDG noirs dirigent des entreprises classés parmi les 500 meilleures entreprises du pays par le magazine Fortune [1] .

Parce que les lois sur les droits civiques ont été votées, des maires noirs, des gouverneurs noirs, des parlementaires travaillent en des lieux où par le passé ils n’auraient tout simplement pas pu voter, ni même prendre une gorgée d’eau.

Et parce que des gens ordinaires ont fait ces choses si extraordinaires ; parce qu’ils ils ont fait du mouvement des droits civiques le leur – même si leurs noms pourraient ne jamais figurer sur une plaque ou dans les livres d’histoire – grâce à leurs efforts, je me suis rendu il y a deux ans à Springfield, dans l’Illinois, - (applaudissements) - là où Lincoln a vécu, et là où des émeutes raciales ont fait rage. Et j’ai commencé le voyage qui m’a permis d’être ici ce soir en tant que 44e président des États-Unis d’Amérique.

Grâce à eux, je suis ici ce soir, sur les épaules des géants. Et je suis ici pour dire merci à ces pionniers et merci à la NAACP.

Et pourtant, alors même que nous célébrons les réalisations remarquables de ces 100 dernières années, alors même que nous héritons des progrès extraordinaires qui ne peuvent pas être niés - tout comme nous magnifions le courage et la détermination d’un si grand nombre de gens ordinaires [plain folk] - nous savons que trop de barrières demeurent encore.

Nous savons que même si notre crise économique frappe les Américains de toutes les races, les Afro-Américains sont plus touchés par le chômage que n’importe qui d’autre - un fossé qui se creuse, ici à New York City, comme l’a révélé cette semaine un rapport détaillé du contrôleur [Cour des comptes] Bill Thompson.

Nous savons que même si la spirale de l’augmentation des coûts des soins de santé accable les familles de toutes les races, les Afro-Américains sont plus susceptibles d’avoir à souffrir d’une multitude de maladies, mais moins de chances que presque toutes les autres [communautés] d’avoir une assurance maladie. Nous savons que même si nous emprisonnons plus de gens de toutes origines que n’importe quelle autre nation au monde, un enfant Afro Américan est en moyenne cinq fois plus susceptible qu’un enfant blanc de voir l’intérieur d’une prison. Nous savons que, si le fléau du VIH / SIDA dévaste des pays étrangers, particulièrement l’Afrique, chez nous, il fait des ravages dans la communauté afro-américaine avec une force disproportionnée.

Nous savons toutes ces choses. (Applaudissements)

Ce sont quelques-unes des barrières de notre temps. Elles sont très différentes de celles rencontrées par les générations précédentes. Elles sont très différentes de celles rencontrées lorsque de jeunes manifestants étaient pris pour cible par des tuyaux d’incendie et des chiens ; ou quand Charles Hamilton Houston et un groupe de l’université d’Howard démantelèrent la ségrégation au cas par cas [case by case : affaire après affaire] à travers le pays.

Mais ce qui est nécessaire aujourd’hui – ce qui est nécessaire pour surmonter les barrières d’aujourd’hui est identique à que ce qui l’était à l’époque. Le même engagement. Le même sentiment d’urgence. Le même sens du sacrifice. Le même sens de la communauté. La même volonté de faire notre part, une pour nous-mêmes et une autre qui a toujours défini l’Amérique dans ce qu’elle a de meilleur et l’expérience Afro Américaine dans ce qu’elle a de meilleur.

Et ainsi, la question est : où allons-nous orienter nos efforts ? Quelles mesures devons-nous prendre pour surmonter ces barrières ?

Comment pouvons-nous aller de l’avant au cours des 100 prochaines années ? La première chose à faire est de faire vivre les mots de la charte de la NAACP et d’éliminer les préjugés, le fanatisme et la discrimination entre les citoyens des États-Unis.

Je comprends que certains puissent avoir la tentation de penser que la discrimination n’est plus un problème en 2009. Et je crois que globalement, il n’y a probablement jamais eu moins de discrimination en Amérique qu’aujourd’hui. Je pense que cela, nous pouvons le dire.

Mais ne vous y trompez pas : La douleur de la discrimination est toujours ressentie aux Etats Unis.

Par les femmes Afro Américaines femmes payées moins que des collègues d’une autre couleur et d’un sexe différent pour le même travail. (Rires.)

Par les Latino-Américains qui ne se sentent pas les bienvenus dans leur propre pays.

Par les musulmans Américains considérés avec suspicion juste parce qu’ils s’agenouillent pour prier leur Dieu.

Par nos frères et sœurs homosexuels, toujours raillés, toujours agressés, toujours privés de leurs droits.

Au 45e anniversaire de la loi sur les droits civiques, la discrimination ne peut pas continuer à s’appliquer - non pas raison de la couleur ou du sexe, ni même en raison de votre manière de pratiquer votre culte ou d’aimer quelqu’un. Les préjugés n’ont [tout simplement] pas leur place dans les États-Unis d’Amérique. C’est ce que la NAACP signifie. C’est ce pour quoi la NAACP continuera à se battre aussi longtemps qu’il le faudra.

Mais nous savons également que les préjugés et la discrimination - au moins dans leurs formes les plus flagrantes - ne sont même pas les obstacles les plus insurmontables d’aujourd’hui.

Les barrières les plus infranchissables incluent les inégalités structurelles que la discrimination a laissé en héritage à notre nation ; inégalités dont souffrent encore trop de communautés et qui sont trop souvent négligées à l’échelon national.

Ce sont des barrières que nous commençons à démonter une par une - par un travail enrichissant par l’élargissement du crédit d’impôt ; en facilitant l’accès au logement ; en donnant aux ex-délinquants une deuxième chance.

Ce sont des barrières que nous sommes ciblons par le biais du Bureau des affaires urbaines de la Maison-Blanche, par le biais de programmes - comme le Promise Neighborhoods qui s’appuie sur la réussite de Geoffrey Canada avec le Harlem Children’s Zone - qui favorisent une approche globale pour mettre fin à la pauvreté par la mise en place d’un parcours vers les études supérieures pour tous les enfants, et en leur offrant le soutien scolaire et péri-scolaire dont ils ont besoin pour s’en sortir.

Je crois que nous comprenons tous que notre tâche qui consiste à réduire ces inégalités structurelles a été rendue plus difficile par l’état et la structure de notre économie au sens large ; une économie qui au cours de la dernière décennie a été alimentée par un cycle d’expansion et de récession ; une économie où les riches sont devenus vraiment très, très riches, mais où les gens ordinaires n’ont pas vu leurs revenus ou leur salaires augmenter ; une économie fondée sur les cartes de crédit, les prêts hypothécaires véreux ; une économie fondée non pas sur le roc, mais sur du sable.

C’est pourquoi mon gouvernement travaille si dur, non seulement pour créer et sauvegarder des emplois à court terme, non seulement pour étendre l’assurance-chômage et l’aide aux personnes qui ont perdu leurs assurance santé dans cette crise, et non seulement pour endiguer l’immédiat effondrement économique, mais pour poser une nouvelle fondation pour la croissance et la prospérité, qui mettra la réussite à la portée non pas seulement des Afro-Américains, mais de tous les Américains. De Tous les Américains. De toutes origines. De toutes croyances. De toutes les régions du pays. Nous voulons que chacun participe au Rêve Americain. C’est ce que la NAACP est par dessus tout.

Maintenant, l’un des piliers de cette nouvelle fondation est l’assurance maladie pour tous. Une réforme de l’assurance santé qui réduit les coûts, rend la couverture santé de qualité accessible financièrement pour tous, et qui met fin aux disparités dans l’accès aux soins de santé.

Un autre pilier est la réforme de l’énergie qui vise à faire de l’énergie propre une énergie rentable, et qui libère l’Amérique de l’emprise du pétrole étranger ; amenant les jeunes [étudiants] à travailler à la modernisation des maisons à faibles revenus, à la "weatherizing" des bâtiments [néologisme qui désigne aussi bien les travaux d’isolation que l’amélioration de l’efficacité énergétique des constructions], et à créer des emplois qui ne pourront pas être délocalisés.

Un autre pilier est la réforme financière avec la protection des consommateurs pour réprimer sévèrement la fraude hypothécaire et empêcher les prêteurs prédateurs de cibler les communautés noires et latinos dans tout le pays.

Toutes ces mesures rendront l’Amérique plus forte et plus compétitive. Elles stimuleront l’innovation, elles créeront des emplois, elles offriront plus de sécurité aux familles.

Et pourtant, même si nous faisons tout cela, la communauté Afro-Americaine restera toujours à la traîne aux Etats-Unis, et les États-Unis à la traîne du monde si nous ne faisons pas un bien meilleur boulot que celui que nous avons accompli pour ce qui est de l’éducation de nos fils et de nos filles.

J’espère que cela ne vous dérange pas - je veux ici aller un peu plus au fond des choses au sujet de l’éducation.

Au 21ème siècle - alors que de si nombreux emplois nécessiteront un baccalauréat, voire plus, alors que les pays qui aujourd’hui nous devancent en matière d’éducation vont nous supplanter demain en compétitivité, une meilleure éducation est une condition préalable au succès.

Il n’y a aucun doute là dessus. Il n’y a aucun moyen d’y échapper. Vous savez de quoi je parle. Il y a une raison au fait que l’histoire du mouvement des droits civiques ait été écrite dans nos écoles. Il y a une raison au fait que Thurgood Marshall ait pris fait et cause pour Linda Brown. Il y a une raison au fait que les Neuf de Little Rock aient défié un gouverneur et un policier.

C’est parce qu’il n’y a pas d’arme plus forte contre les inégalités et pas de meilleure opportunité pour la réussite qu’une éducation qui puisse libérer le divin potentiel d’un enfant. Et pourtant, plus d’un demi-siècle après Brown v. Board, le rêve d’une éducation de niveau mondial est encore différé dans tout le pays.

Les étudiants Afro Américains sont à la traîne de leurs commensaux blancs, en lecture et en mathématiques - un écart qui s’accroit dans les Etats qui ont jadis été en tête du mouvement pour les droits civiques. Plus de la moitié de tous les élèves Afro Américains abandonnent l’école, à certains endroits.

Il y a des classes surchargées, des écoles délabrées, et des couloirs de la honte [2] en Amérique remplis d’enfants pauvres - et pas seulement des enfants noirs : des enfants bruns et blancs, tout aussi bien.

L’état de nos écoles n’est pas un problème Afro Américain, c’est un problème américain. Parce que si les enfants bruns ou noirs ne peuvent pas s’émuler par la compétition, alors l’Amérique ne le pourra pas.

Et laissez-moi vous dire, si Al Sharpton [militant des droits civiques], Mike Bloomberg [le maire républicain de New York], Newt Gingrich [ancien président républicain de la Chambre des représentants, héraut de la révolution conservatrice] peuvent se mettre d’accord pour dire que nous avons besoin de résoudre le problème de l’éducation, alors toute l’Amérique peut convenir que nous sommes en mesure de régler ce problème.

Ces gars-là sont venus à mon bureau. (Rires.) Juste assis là, au Bureau Oval - J’ai dû m’y prendre à deux fois. Donc, c’est un signe de progrès et c’est un signe de l’urgence du problème de l’éducation. Nous pouvons tous convenir que nous devons offrir à chaque enfant dans ce pays - à chaque enfant [La salle : Amen ! – Le Président : Il y a un "Amen Corner" là-bas] tous les enfants - tous les enfants dans ce pays, la meilleure éducation que le monde puisse offrir du berceau jusqu’aux études.

Il en va de notre responsabilité en tant que leaders. Il en va de la responsabilité des États-Unis d’Amérique. Et nous, nous tous au gouvernement, devons travailler à faire notre part, non seulement en offrant plus de ressources, mais aussi en exigeant plus de réformes.

Parce que dès lors qu’il est question d’éducation, nous devons dépasser l’ensemble de ce paradigme, de cette idée obsolète selon laquelle c’est juste une question d’argent ; ou à l’inverse, juste une question de réforme, mais pas d’argent ; et embrasser ce que le Dr.King appelait la philosophie du « both and ». [3]

Nous avons besoin de plus d’argent et nous avons besoin de plus de réforme.

Quand il s’agit de l’enseignement supérieur nous rendons l’université et la formation spécialisée plus accessibles, et nous renforçons les universités communautaires qui sont la porte d’entrée d’un si grand nombre, grâce à une initiative qui va préparer les étudiants non seulement à acquérir un diplôme, mais à trouver un emploi après l’obtention de leur diplôme ; une initiative qui nous aidera à atteindre l’objectif que j’ai fixé ; celui d’être en 2020 les leaders mondiaux pour les études universitaires. Nous avions pour habitude d’être au premier rang du classement des diplômés de l’université. Maintenant, nous sommes au milieu du peloton.

Et puisque nous constations que notre population compte de plus en plus de jeunes Afro Americains & et de Latino Américains, si nous les abandonnons nous ne pourrons pas atteindre notre objectif, et l’Amérique reculera encore plus - et ce n’est pas un avenir que j’accepte, et ce n’est pas un avenir que la NAACP est disposée à accepter.

Nous sommes en train de créer un fonds pour l’Excellence qui récompensera les États et les districts scolaires publics qui adoptent les normes du 21ème siècle et des systèmes d’évaluations. Nous sommes en train de créer des programmes, des séminaires de motivation afin que les Etats encouragent l’excellence de l’enseignement et remplacent les mauvais enseignants parce que le travail d’un enseignant est trop important à nos yeux pour accepter rien moins que le meilleur.

Nous avons aussi à explorer des approches novatrices telles que celles qui sont pratiquées ici, à New York City ; des innovations comme la Bard High School Early College, et la Medgar Evers College Preparatory School qui proposent aux étudiants de poursuivre leurs études secondaires et d’obtenir gratuitement et au bout de simplement quatre annés un diplôme de niveau Bac+2 (associate’s degree) ou des unités d’enseignement universitaires (college credit).

Et en ce qui concerne l’enseignement au sein des écoles maternelles et primaires, nous devons placer la barre encore plus haut. Il ne suffit pas d’avoir une baby-sitter. Nous avons besoin que nos jeunes soient stimulés, engagés et impliqués.

Nous avons besoin que les nôtres s’impliquent dans le développement de l’enfant par la compréhension des nouvelles sciences. Aujourd’hui, certains enseignements dispensés dans les écoles primaires sont excellents. D’autres sont médiocres. Et d’autres galvaudent ce qu’apprennent les études à un enfant dans ses années les plus formatrices.

C’est pourquoi j’ai proposé un challenge aux Gouverneurs : Si vous vous hissez au niveau d’Etats comme la Pennsylavnie, et si vous développez un modèle efficace dans l’enseignement primaire ; si vous concentrez les réformes sur les normes et les résultats des programmes dans l’enseignement au primaire ; si vous démontrez la façon dont vous entendez préparer les enfants issus de milieux défavorisés à découvrir les meilleures conditions de réussite ou de la réussite standards les plus élevés en matière de réussite - alors vous pourrez concourir pour l’Early Learning Challenge Grant qui aidera à préparer tous nos enfants à intégrer l’école maternelle dans les meilleures conditions pour apprendre.

Telles sont donc quelques-unes des lois que nous sommes en train d’adopter. Telles sont certaines des politiques que nous développons. Nous sommes occupés à Washington. Les gars du Congrès sont un peu crevés. (Rires).

Mais je leur dis - je leur dis que nous ne pouvons pas nous reposer, nous avons beaucoup de travail à faire. Le peuple des États-Unis compte sur nous.

Ce sont quelques unes des voies par lesquelles au sein du gouvernement nous contribuons à pour surmonter les inégalités, les injustices, les barrières qui existent encore dans notre pays.

Mais tous ces programmes novateurs et ces larges perspectives ne seront pas, par eux-mêmes, en mesure de faire la différence si chacun de nous, en tant que parents et en tant que leaders de la communauté, ne parvient pas à faire sa part en encourageant l’excellence chez nos enfants. Les programmes du gouvernement ne suffiront pas à conduire nos enfants vers la Terre promise.

Nous avons besoin d’un nouvel état d’esprit, de nouvelles attitudes - car l’un des héritages les plus destructeurs et les plus durables de la discrimination est la manière dont nous avons intériorisé le sens des limites, la manière dont tant d’entre nous en sont venus à attendre si peu de ce monde et d’eux-mêmes

Nous devons dire à nos enfants, oui, si tu es Afro Americain, tu as plus de chances de grandir au milieu de la criminalité et des gangs. Oui, si tu vis dans un quartier pauvre, tu devras relever des défis que quelqu’un des riches quartiers de banlieue n’aura pas à affronter. Mais ce n’est pas une raison pour avoir de mauvaises notes - (applaudissements) - ce n’est pas une raison pour sécher les cours - (applaudissements) - ce n’est pas une raison pour abandonner ta scolarité et quitter l’école.

Personne n’a écrit ton destin. Ton destin est entre tes mains, ne l’oublie jamais. C’est ce que nous devons tous inculquer à nos enfants. Pas d’excuses. (Applaudissements). Pas d’excuses. Tu reçois cette éducation, [et] toutes ces difficultés vont simplement te rendre plus fort, mieux à même de prendre part à la compétition. Yes we can. (Applaudissements.)

Parents, nous ne pouvons demander à nos enfants de réussir à l’école et échouer à les soutenir quand ils rentrent à la maison. (Applaudissements). Vous ne pouvez pas simplement sous-traiter vos obligations parentales.

Pour que nos enfants excellent, nous devons accepter la responsabilité qui est la nôtre, de les aider à apprendre. Cela veut dire mettre la Xbox de côté et mettre nos enfants au lit à une heure raisonnable. Cela veut dire assister aux réunions parents-professeurs, faire la lecture à nos enfants et les aider dans leurs devoirs scolaires. Et en passant, cela signifie que nous devons être là pour les fils et filles de nos voisins.

Nous avons besoin de revenir à l’époque, revenir au temps où quand nos parents, apercevaient un gamin en train de faire l’idiot - et ce n’était pas leur enfant - mais ils vous administraient quand même une sacrée volée. (Rires et applaudissements). Ou du moins, ils allaient le dire à vos parents – [et] vos parents vous corrigeaient. Vous le savez. (Rires) C’est le sens de la communauté. Voilà comment nous pouvons récupérer la force et la détermination et l’espoir qui nous a aidé à aller aussi loin, nous a permis de faire notre route en partant de nulle part.

Cela signifie aussi pousser nos enfants à viser un peu plus haut. Ils pensent peut-être avoir un assez bon tir en suspension [au basket ball] ou une diction vraiment bonne, mais nos enfants ne peuvent tous espérer devenir le prochain LeBron [James, basketteur] ou Lil’Wayne (rappeur).

Je veux qu’ils ambitionnent de devenir scientifiques, ingénieurs, docteurs ou professeurs, pas uniquement basketteurs et rappeurs. Je veux qu’ils ambitionnent de devenir Juge à la Cour Suprême, je veux qu’ils ambitionnent de devenir président des États-Unis.

Je veux que leurs horizons soient sans limites. Je ne - ne leur dites pas qu’ils n’arriveront à rien. Ne nourrissez pas nos enfants avec le sentiment que d’une certaine façon c’est à cause de leur race qu’ils ne peuvent réussir.

Oui, le gouvernement doit être une force pour les opportunités. Oui, le gouvernement doit être une force pour l’égalité. Mais en fin de compte, si nous voulons être fidèles à notre passé, alors nous devons également saisir notre propre avenir, et ce, chaque jour.

Et c’est là tout l’esprit de la NAACP. La NAACP ne fut pas fondée pour la recherche d’une aumône. La NAACP ne fut pas fondée pour la recherche de faveurs. La NAACP fut fondée sur une ferme notion de justice ; pour encaisser le billet à ordre de l’Amérique qui dit que tous nos enfants, tous les enfants de Dieu, méritent une chance dans la course à la vie.

C’est un simple rêve, et pourtant c’est celui qui, bien trop souvent, a été refusé - et continue de l’être à de nombreux Américains.

C’est une chose pénible, de voir ce rêve refusé. Je me souviens d’avoir visité une école dans un quartier difficile de Chicago, quand j’étais un animateur ou [médiateur] de quartier ; et certains des enfants s’étaient rassemblés autour de moi.

Et je me souviens d’avoir pensé combien il était remarquable que tous ces enfants semblent si pleins d’espoir, en dépit d’être nés dans la pauvreté, en dépit d’être livrés dans certains cas à la toxicomanie, en dépit de tous les obstacles auxquels ils devaient déjà faire face - on pouvait voir cette étincelle dans leurs yeux. Ils étaient semblables à tous les enfants du monde.

Et je me souviens de la directrice de l’école me disant que l’éclat allait bientôt commencer à faiblir, que les choses commenceraient à changer, que bientôt, les rires dans leurs yeux commenceraient à disparaître ; que bientôt, quelque chose allait s’éteindre à l’intérieur, comme si l’idée avait déjà avait coulé à pic - parce que les enfants sont plus intelligents que nous ne le croyons - comme si l’idée que leurs espoirs ne pourraient pas se réaliser avait déjà fait son chemin - pas parce qu’ils ne sont pas assez intelligents, non pas parce qu’ils ne sont pas assez de talent, non pas en raison de quoi que ce soit qui leur serait inhérent par nature, mais parce que, par le hasard de la naissance, ils n’ont pas recu une vraie chance dans la vie.

Je sais ce qui peut arriver à un enfant qui n’a pas cette chance. Mais je sais aussi ce qui peut arriver à un enfant qui l’a. J’ai été élevée par une mère seule. Je ne suis pas venu au monde muni d’une grande richesse. Enfant, j’ai eu mon lot de soucis. Ma vie aurait pu facilement mal tourner.

Lorsque je roule à travers Harlem ou que je roule à travers le South Side de Chicago et que je vois des jeunes hommes aux coins des rues, je me dis que cela aurait tout aussi bien pu être moi. [4] Ils ne sont pas moins doués que moi. Ils ne sont pas moins talentueux que moi. Mais j’ai eu quelques freins.

Cette mère qui fut la mienne m’a donné de l’amour. Elle m’a poussé et a pris mon éducation à coeur. Elle m’a enseigné et appris à distinguer le bien du mal. Grâce à elle, j’ai pu tirer le meilleur de mes capacités. J’ai pu profiter de mes opportunités. J’ai pu profiter au mieux de la vie.

La même histoire vaut pour Michelle. La même histoire vaut pour beaucoup d’entre vous.

Et je veux que tous les autres Barack Obama, et tous les autres Michelle Obama - (applaudissements) - aient la même chance - la chance que ma mère m’a donné ; que mon éducation m’a donné ; que les États d’Amérique m’ont donné. C’est de cette manière que notre union sera améliorée et notre économie reconstruite. C’est de cette manière que l’Amérique ira de l’avant dans les 100 prochaines années. Et nous irons de l’avant. Cela, je le sais - car je sais que nous revenons de loin. Certains d’entre vous avez vu que la semaine dernière, au Ghana, Michelle et moi avons emmené Malia et Sasha ainsi que ma belle-mère au Cape Coast Castle. Certains d’entre vous y sont peut-être déjà allés. C’est là que les captifs étaient enfermés avant d’être mis aux enchères ; c’est là où, à travers un océan, l’expérience de tant d’Afro Américains a débuté.

Nous sommes allés dans les donjons où les captifs étaient retenus. Il y avait une église au-dessus de l’un des donjons - ce qui vous dit quelque chose quant au fait de dire une chose et de faire son contraire.

J’ai - nous avons marché à travers la "Porte Du Non Retour". J’ai repensé à toutes les douleurs et à toutes les difficultés, toutes les injustices et toutes les indignités du voyage de l’esclavage à la liberté. Mais je me suis rappelé de quelque chose d’autre. Je me suis rappelé qu’aussi amère que puisse être la tige, aussi rocailleux que puisse être le chemin, nous avons toujours persévéré. Nous n’avons pas faibli, pas plus que nous ne nous sommes lassés. En tant qu’Américains, nous avons réclamé - et nous sommes battus pour un meilleur destin. Et c’est ce que nous sommes appelés à faire une fois de plus.

Membres de la NAACP, ce ne sera pas facile. Cela prendra du temps. Il se peut que les doutes s’accroissent et que les espoirs reculent.

Mais si John Lewis [5] a pu braver les matraques [Billy clubs] pour franchir un pont - (applaudissements) -, alors je sais que les jeunes d’aujourd’hui peuvent faire leur part et élever notre communauté.

Si l’oncle d’Emmet Till, Mose Wright, a pu trouver le courage de témoigner contre les hommes qui avaient tué son neveu, je sais que nous pouvons être de meilleurs pères et de meilleurs frères, et de meilleures mères et sœurs dans nos propres familles. Si trois militants des droits civiques du Mississippi - noir, blanc, chrétien et Juif, citadins et ruraux - ont pu perdre leur vie dans le combat pour la liberté, je sais que nous pouvons ensemble relever les défis de notre propre époque.

Nous pouvons réparer nos écoles - (applaudissements) -, nous pouvons guérir nos malades, nous pouvons sauver notre jeunesse de la violence et de désespoir. (Applaudissements)

Et dans cent ans, au 200e anniversaire de la NAACP - (applaudissements) - qu’il soit dit que cette génération a fait sa part ; que nous aussi avons pris part à la course ; que remplis de la foi que notre sombre passé nous a inculqué ; remplis de l’espoir que le présent nous a apporté - nous avons regardé, dans nos vies et dans tout le pays, le soleil se lever sur un jour nouveau.

Je vous remercie, que Dieu vous bénisse. Dieu bénisse les États-Unis d’Amérique.

(Applaudissements.)

Barack Obama,
Président des États-Unis d’Amérique
Jeudi 16 juillet 2009

Traduction : Ibuka-Jozèf

Publié par Jozèf le mardi 21 juillet 2009

Notes

[1] Fortune 500 est une liste de 500 entreprises américaines classées selon l’importance de leur chiffre d’affaires. Elle est publiée chaque année par le magazine Fortune, qui publie aussi un classement mondial : Fortune Global 500.

[2] Corridor of Shame [Le couloir de la honte] : Documentaire de Bud Ferillo dénonçant la situation catastrophique des écoles rurales en Caroline du Sud ; écoles disséminées le long d’un corridor qui s’étend du sud de la Caroline du Sud au nord de la Géorgie. Près de 700 000 élèves fréquentent ces écoles rurales et nombre d’entre eux restent sur le carreau. L’état des écoles rurales de Caroline du Sud n’est que le symptôme d’un problème bien plus profond, puisque seulement la moitié des élèves de l’Etat vont jusqu’au bout de leur scolarité.

[3] Philosophie de « l’un et l’autre » ; que l’on peut traduire par « approche globale » ou « non exclusive ». Ex : « both negro and white", ou, « both demonstrations and legislative actions ». Lire l’entretien de Martin Luther King au Western Michigan University Read Field House

[4] « There but for the grace of God go I » : Expression tirée des mots prononcés en prison par John Bradford (1510-1555) à la vue d’un autre prisonnier sur le pont d’être exécuté : "There but for the grace of God, goes John Bradford."

[5] vétéran de la lutte pour les droits civiques. célèbre pour sa décision de traverser le pont de Selma, en Alabama, lors de la marche violemment réprimée par la police de l’Etat en 1965

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