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Kabouya

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Déclaration de l’UGTG à propos du référendum institutionnel du 7 décembre 2003



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KABOUYA

Par décret en date du 29 Octobre 2003, Jacques CHIRAC, Président de la République Française, appelle les Guadeloupéens à se prononcer sur le changement des Institutions qui administrent le Département de Guadeloupe.

A entendre les politiciens et les élus "locaux", il s’agirait d’une révolution puisque pour la première fois, nous serions autorisés à donner notre avis sur notre devenir.

Mieux, à leur sens, les Guadeloupéens désormais majeurs pourraient à l’occasion de cette consultation dite populaire, décider de la relation "statutaire" que notre pays aurait à entretenir avec la France et l’Europe.


Travayè, pèp Gwadloup,

Nous assistons dès lors, depuis plusieurs mois, à une vaste entreprise d’infantilisation du Peuple de Guadeloupe, de négation des hommes, de mensonges, de compromissions, de reniements caractéristiques de la pratique des hommes politiques de Guadeloupe.

Ainsi, depuis la Déclaration de Basse-Terre de Décembre 1999, les farouches assimilationnistes-départementalistes d’hier se muent en Guadeloupéens-Français majeurs et responsables, décidés à obtenir plus de pouvoir, pour la DAME de Basse-Terre.

Les progressistes-départementalistes récemment orientés par la Loi PAUL et son Congrès, sont désorientés et s’entre-déchirent entre les articles 73 et 74, de la CONSTITUTION révisée de la France, et entre le mode de scrutin uninominal et la proportionnelle.

Les "Indépendantistes" devenus souverainistes, renient la révolte populaire, la désobéissance civile, la négociation avec la France pour s’avouer réaliste et finalement se coucher possibilistes, une fois que l’État français déclara comme seul possible le petit pas de l’article 73 et de l’Assemblée Unique.

En face, le peuple, intégré et désintégré en population de la République, observe, dérouté et désabusé, se demandant qui croire, qui suivre, où en sont ses intérêts, et où en sont ses préoccupations ?

Il constate médusé, "estébékwé", qu’il n’y a plus de partis politiques, plus de divergences politiques, plus d’oppositions. Les partis se sont désagrégés dans le "consensus tous pour le 73", condition sine qua none à l’engagement par le Président Français du processus de consultation. [1]

Nous devons choisir nous assènent-ils... "le petit pas deviendra grand" ..."le oui doit être massif pour obtenir beaucoup de compétence" ... "le non nous protège de l’aventure et des indépendantistes", etc.

Les politiciens nous rejouent ainsi leur partition favorite, la même qui depuis la colonisation anime le débat politique : "quel statut, quelle institution, quel rapport avec la "Métropole" ; quel degré d’assimilation nous garantira le mieux notre filiation à la France, tout en nous autorisant à exprimer nos spécificités, notre créolité, nos particularités dues à notre éloignement, à notre culture, etc.

En somme, nous devons nous décider à réclamer un statut de Français majeur.

Chyen paka fè chat

Eux, politiques de Guadeloupe qui nous ont, des années durant, invalidés et zombifiés par le soutien qu’ils ont porté aux politiques d’aliénation, d’assimilation et d’assistanat, des différents gouvernements de la France,

Eux, politiques de Guadeloupe qui ont encouragé l’interdiction de vivre, de manger, de parler créole, de chanter, de danser le Gwo ka, de se réclamer de l’Afrique et de la Caraïbe, voulant faire de nous des petits fils de Gaulois, des français mofwasé d’outre mer,

Eux, qui au Sénat et à l’Assemblée Nationale française ont voté les lois d’assimilation, de départementalisation, de départementalisation-adaptée, de départementalisation-régionalisation, de départementalisation-décentralisation, tous changements dans l’organisation administrative de la France qui se sont traduits par plus d’intégration, plus de dépendance, plus de chômage, plus de RMI, pour nous et surtout plus de défiscalisation et d’aides publiques pour les capitalistes.

Ils feignent de ne pas comprendre nos hésitations, notre défiance, notre refus de leur politique, de leurs projets.

Ils se présentent "blan kon koton" comme si jamais ils n’avaient été à la direction des affaires, jamais ils n’avaient eu de pouvoir, jamais ils n’ont eu conscience des dégâts que leur lâcheté a produit dans nos têtes, dans notre vie quotidienne, dans nos relations avec le monde.

Persuadés qu’ils perpétueront à l’infini cette pratique politique consistant essentiellement à disposer du pouvoir pour asservir les hommes et assurer leur ascension personnelle, ils nous réclament à leur faire confiance en votant massivement le 07 décembre.

Seulement, aucun d’eux n’a été encore capable de nous exposer quelle est la portée politique, stratégique, collective de ce vote. Et pour cause

La consultation du 7 décembre est un kabouya

KABOUYA davwa qu’il s’agira simplement pour nous de donner mandat à l’État Français pour fusionner le Conseil Général et le Conseil Régional en une seule assemblée, dite Assemblée Unique

KABOUYA davwa cette consultation n’est pas un référendum et quelle que soit la position majoritaire qui en sortira, le Gouvernement de la France restera libre de sa décision ;

KABOUYA davwa, la Guadeloupe continuera à demeurer une Collectivité française, une région euro­péenne obéissant aux lois, règlements et directives de la France, de l’Europe et du Grand Capital International ;

KABOUYA davwa, cette collectivité territoriale nouvelle sera administrée par les mêmes personnages politiques d’aujourd’hui, qui conduiront les mêmes politiques et reproduiront les mêmes positions d’allégeance au Préfet, au pouvoir parisien et au patro­nat local au nom de la Mondialisation et de la baisse du coût du travail ;

KABOUYA davwa, qu’avec cette Assemblée Unique et ses 81 élus, tous décasés puis recasés ou déclassés, parité oblige, 70 pour l’Assemblée Délibérante et 11 pour le Conseil Exécutif, ils usurperont une nouvelle légitimité sans qu’ils aient été obli­gés de présenter un nouveau projet politique pour notre pays > ;

KABOUYA davwa, avec la nouvelle Collectivité au titre de l’article 73, autour duquel et pour lequel, tous débout, ils ont "konsansusé", l’État Français les autorisera à adapter les lois et règlements de la République en fonction d’impératifs que lui seul et les donneurs d’ordres capitalistes détermineront.

Dlo mousach pa lèt

En vérité, la France, répondant aux injonctions de l’Europe, est comme bien d’autres États Européens, une République décentralisée depuis la révision de la Constitution du 28 Mars 2003.

En vérité depuis le 28 Mars 2003, le Département de Guadeloupe est confirmé à l’article 72 de la Constitution de la France.

Les Collectivités Territoriales que sont les Communes, les Départements, les Régions et les Assemblées Uniques de la France d’Outre Mer disposeraient dorénavant de plus d’autonomie de décision et de gestion administrative et financière de laquelle devrait émerger, espère le législateur, plus de participation des citoyens à l’exécution des politiques publiques.

Telle est la nouvelle gouvernance prônée par les idéologues bâtisseurs de l’Europe des capitalistes.

En quoi cette nouvelle gouvernance euro­péenne constitue-t-elle un levier, politique et économique, capable d’effacer les affres de dizaines d’années d’exclusion, d’aliéna­tion, d’assimilation et de colonisation ?

En quoi cette nouvelle gouvernance, encadrée par les lois et règlements de la Nation Française et de l’Union Européenne, nous autorisera-t-elle plus d’autorité politique, plus de souveraineté ?

En quoi, cette nouvelle gouvernance limitant les dépenses publiques, détruisant le service public, remettant en cause les droits des Travailleurs comme la retraite, l’assurance maladie, les conventions collectives, les jours fériés, garantira-t-elle au peuple une société plus solidaire ?


Publié par la Centrale UGTG le vendredi 14 novembre 2003
Mis à jour le lundi 7 juillet 2008

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