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LKP Épandanj a pestisid lanmò simé pa avyon : Les Guadeloupéens ne doivent plus être sacrifiés sur l’autel du profit et de la logique coloniale !

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La lutte contre les cercosporioses jaune et noire qui touchent aujourd’hui les bananeraies de Guadeloupe, ne laisserait d’autres à l’épandage aérien de pesticides, pourtant interdit en France. Ils dérogation signée par le Préfet de la Guadeloupe. Au nom du Conseil de l’Ordre des Médecins de Martinique, le Docteur JOSPELAGE a émis « un avis très défavorable sur tout mode de traitement aérien ou terrestre faisant présentés. »

Le pesticide utilisé pour lutter contre cette maladie se compose de deux fongicides et le SICO accompagnés d’un liant, le BANOLE (extrait du pétrole). Les organismes officiels chargés de la classification des produits toxiques rangent le TILT et le SICO en classe III, autrement dit comme « des substances préoccupantes l’homme en raison d’effets cancérigènes possibles »...

Le BANOLE, quant à lui, est rangé en classe II, c’est-à-dire « considéré comme cancérigène C’est, qui plus est, un produit toxique pour le système nerveux. Sa dangerosité est connue depuis l’an 2000. Le fournisseur lui signale que l’inhalation de concentrations élevées de vapeurs entraîne l’irritation des yeux et des voies respiratoires et entraîne tête, étourdissements, anesthésie, somnolence, perte de conscience et autres effets sur le système nerveux central, y compris la mort.

Parmi les nombreux témoignages que nous avons recueillis, M. Alexandre C., qui habitait jusqu’en janvier 2012 au Matouba, nou déclaré : “Notre vie est devenue un cauchemar quand ils ont commencé à épandre régulièrement leurs pesticides à partir du mois d’août. Dès le premier épandage, mon fils de neuf ans, qui n’avait jamais eu de problème de santé, s’est retrouvé aux urgences, pris de sa première crise d’asthme aigu ; ça recommençait à chaque fois qu’ils passaient. Ma compagne a fait une pneumopathie inflammatoire, elle n’a cessé de tousser pendant trois mois, des toux chroniques qui se sont estompées avec le déménagement, parce qu’on a été obligé de déménager”...

AN KONPLOSITÉ LÈ GWO PLANTÈ !

L’Etat français a organisé une parodie de consultation publique du 21 novembre au 23 décembre 2011. Comme preuve du grand cas que le gouvernement fait des Guadeloupéens, de la démocratie et de leurs lois soit dix jours avant la fin de la consultation publique, que le Ministre de l’Agriculture LEMAIRE, a annoncé que l’Etat français accordait une dérogation aux lobbies des gros planteurs de bananes ! On véritab mépri !

Ni le Conseil Régional, ni le Conseil Général, ni les Maires qui devraient être à la pointe du combat pour la défense de la santé de leurs concitoyens n’ont émis la moindre observation, ne serait-ce qu’une réserve. Pouki sa ?

SÉ FOUTI KOUYONNAD !

L’Etat français tente de nous rassurer en affirmant que les produits utilisés sont homologués. Le Docteur JOSPELAGE lui répond que « l’homologation d’un produit n’est en aucun cas une preuve de non risque » et les exemples du MEDIATOR et de la CHLOREDECONE pour nous rappeler que l’autorisation de mise sur le marché n’est pas un gage de sécurité...

Une fois épandus, les produits toxiques se retrouvent dans le sol, où ils polluent la nappe phréatique, dans les cours d’eau et les aliments, pour un temps indéfini.

Bien évidemment, aucune étude n’osera révéler les effets dévastateurs de la combinaison de ces nouveaux pesticides avec ceux utilisés précédemment notamment la chloredécone sur nos sols. Concernant le TILT et le SICO, le Dr JOSPELAGE affirme : « Ils combineront leurs effets à ceux des polluants présents dans un cocktail qui risque plus d’être potentialisateur ». Car nos sols sont déjà gorgés d’une multiplicité de pesticides ou autres polluants.

Le Dr Charles St AIME (Fort de France) va plus loin. Dans un courrier adressé au Préfet de la Martinique, il écrit : « L’emploi des fongicides triazolés (NDLR- c’est le cas du TILT et du SICO) expose la population à des risques sérieux voire mortels. » Quant à nos médecins en Guadeloupe, ils ne sont guère plus loquaces que lé zéli-loko ?

GWADLOUPÉYEN VINN KOBAY A YO ! Un modèle rentable... pour les gros planteurs !

Une des critiques les plus sévères à l’encontre du modèle économique imposé par les gros planteurs à la Guadeloupe a été formulée dans le dernier Rapport de la Cour des Comptes.

Cette institution dénonce, en 2011, les aides exorbitantes perçues par les planteurs des départements d’Outre-mer. Elle montre que le choix a été fait de favoriser la banane (53 % du total des aides) alors que son poids dans la production agricole n’est que de 14,5 %.

Rapporté aux surfaces concernées en Guadeloupe et Martinique (8 667 hectares), le montant des aides à l’hectare s’élève à plus de 15 000 € (soit plus de 300 000 € pour 20 hectares).

Et pourtant, cette politique n’a pas empêché la disparition des emplois dans les plantations de bananes : moins 47 % en Guadeloupe entre 2000 et 2007.

La Cour des Comptes signale aussi que les choix effectués en faveur des cultures d’exportation ont supprimé la possibilité d’encourager financièrement les productions diversifiées. Ses conclusions sont sans appel : « Tant dans leur conception que leurs effets, les aides à l’agriculture des départements d’outre-mer ne sont pas parvenues à favoriser une activité compatible avec les critères du développement durable, dans ses dimensions économiques, sociales et écologiques. Exposées à une forte concurrence, avec la disparition progressive des protections douanières, les cultures destinées à l’exportation ont été l’objet de regroupements de producteurs et d’une diminution du nombre d’ouvriers agricoles. Les aides pour les maintenir ont plus servi à préserver le chiffre d’affaires que l’emploi. »

Et comme par hasard les gros planteurs sont aussi ceux qui importent et commercialisent les pesticides !

NOU ADAN ON KOLONI !

L’Etat français a fixé comme objectif à la Guadeloupe la production de denrées exotiques destinées à l’exportation vers la Métropole. Parmi les 300 espèces de bananes existantes, l’Europe consomme presque exclusivement une seule variété : la « Cavendish ». C’est cette variété, particulièrement sensible à la cercosporiose, qui justifie qu’on mette en jeu la santé des travailleurs et du Peuple de Guadeloupe. Elle est destinée au seul marché européen.

D’autres alternatives sont possibles notamment l’introduction de variétés résistantes à la maladie ou encore la mise en œuvre de nouvelles techniques de plantation et d’entretien au sol basées notamment sur l’effeuillage et la distance entre les plants.

Un nouveau parasite, le Mycophaerella eumusa plus agressive que la cercosporiose noire est en train de s’abattre sur les bananeraies d’Asie et de l’Océan indien. Quand il arrivera en Guadeloupe que déversera-t-on sur nos têtes ?

Il est plus que temps de repenser notre modèle de développement agricole pour produire et nourrir les Guadeloupéens en quantité, en qualité et en préservant notre santé et notre environnement.

LES GUADELOUPEENS NE DOIVENT PLUS ETRE SACRIFIES SUR L’AUTEL DU PROFIT ET DE LA LOGIQUE COLONIALE !

ARÉTÉ ANPWAZONÉ VI AN NOU, TÈ AN NOU, KÒ AN NOU !

NON AU MÉPRIS - NOU SÉ MOUN KON TOUT MOUN !!!

LKP, Lapwent, 10 Avril 2012

Publié par le LKP le lundi 16 avril 2012

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